Lors du séminaire « Enseigner à produire autrement » à Paris, le 3 avril, Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, a annoncé un plan en quatre points pour l'enseignement agricole. L'un d'eux : le soutien aux fermes pédagogiques.
«L ES exploitations agricoles des lycées sont censées être des outils pédagogiques. On leur demande d'être rentable, mais ce n'est pas toujours le cas. Par conséquent, leur nombre diminue », a expliqué Jean-Marie Leboiteux, secrétaire général du Snetap (Syndicat national de l'enseignement technique agricole public) en marge du séminaire « Enseigner à produire autrement » à Paris, le 3 avril. Il rappelle que, dans l'enseignement agricole public (un tiers des étudiants), la rentabilité des fermes pédagogiques n'est pas fréquente. Dans le privé, les fermetures sont de plus en plus nombreuses. Si deux tiers des élèves et étudiants apprennent dans des établissements privés, il faut distinguer les lycées agricoles privés à temps plein (un tiers des étudiants) des Maisons familiales rurales (MFR) relevant aussi du privé et qui accueillent le dernier tiers des jeunes en formation. Selon le ministère de l'Agriculture, l'enseignement agricole représente 190 000 élèves et étudiants formés tous les ans. Concrètement, les jeunes formés dans les MFR suivent une formation théorique. Les enseignements pratiques se font sous forme de stage en exploitation agricole. Cette branche de l'enseignement agricole n'est donc pas concernée par les préoccupations tournant autour de la rentabilité des fermes pédagogiques des lycées.
Les lycées agricoles privés à temps plein et les lycées publics, eux, sont directement concernés. La formation pratique de leurs étudiants se font historiquement dans les fermes des lycées. Mais dans le privé, les travaux pratiques ont de plus en plus souvent lieu dans des exploitations agricoles extérieures. Jean-Marie Leboiteux demande que dans les lycées publics, l'Etat prenne en charge le surcoût lié au manque de rentabilité des fermes pédagogiques. « Pour l'heure, nous avons recours à des subventions exceptionnelles, à l'aide des Conseils régionaux. Mais ce n'est pas durable », soutient-il. Selon le ministère de l'Agriculture, le nombre d'exploitations agricoles publiques est de 190 représentant 18111 hectares cultivés.
Un plan pour les fermes pédagogiquesLe séminaire était l'occasion pour Stéphane Le Foll d'assurer que les exploitations agricoles des établissements doivent jouer un rôle central pour la suite. Devant près de 600 professionnels de l'enseignement agricole, il a ainsi affirmé que ces établissements doivent être des moteurs de la transition agroécologique. « Nous devons en faire des modèles d'innovation et des supports d'apprentissage », explique-t-il. Ce point s'inscrit dans un plan global pour l'enseignement agricole. « Préparer les générations futures d'agriculteurs est indispensable pour inscrire le changement dans la durée », assure Stéphane Le Foll.
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Hormis le rôle central des exploitations agricoles des établissements, la rénovation des référentiels des diplômes du Capa (1) au BTSA (2) est une priorité pour porter le projet agro-écologique. « Tout le monde doit y avoir accès », explique-t-il. Troisième point, Stéphane Le Foll a rappelé l'importance d'être en appui avec les Régions qui seront les autorités de gestion des aides du second pilier de la Pac : « On doit s'adapter ». Enfin, la formation des jeunes passera par la formation des enseignants. « Je sais que l'agroécologie n'est pas encore acceptée par tout le monde, admet-il, mais il faut cesser les débats opposant systématiquement agriculture et environnement ».
(1) certificat d'aptitude professionnelle agricole
(2) brevet de technicien supérieur agricole