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Organisation professionnelle/Filière animale Les filières bétail et viande parlent d’une seule voix en Rhône-Alpes

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« Il suffit d’une étincelle en Rhône-Alpes pour que la révolte éclate comme en Bretagne », préviennent les professionnels de la région réunis sous Interbev Rhône-Alpes, présidé par l’éleveur rhônalpin Etienne Fillot. Une rencontre avec le préfet Jean-François Carenco s’est tenue à Lyon le vendredi 22 novembre.

Trop de contraintes réglementaires avec l’Europe et la France qui renchérit bien souvent. Trop de charges sociales. Trop de concurrence déloyale quand les ouvriers allemands des abattoirs sont payés 3 euros de l’heure. Une écotaxe inappropriée pour des PME qui n’ont pas d’autres choix que d’utiliser la route pour le transport de leurs viandes. Treize organismes (1) représentés en Rhône-Alpes par Interbev ont rencontré le préfet de Région, Jean-François Carenco, le vendredi 22 novembre, pour l’alerter sur la situation économique de la deuxième région de France, après la Bretagne, en termes de production de viandes. « L’écotaxe serait un sujet du passé, nous a laissé entendre le préfet, dévoile Etienne Fillot, président d’Interbev. Mais nos inquiétudes sont encore entières quant aux contraintes réglementaires qui pèsent sur l’ensemble de la filière. »
 
Redessiner la carte des abattoirs
Parmi les propositions abordées avec les pouvoirs publics, citons les approvisionnements locaux pour les restaurants scolaires par exemple. « La volonté politique est là, affirme Philippe Dumas, président du groupe Sicarev à Roanne. Mais on n’arrive pas à concrétiser les choses au regard des appels d’offres rédigés par les collectivités. La marque “Viande de Rhône-Alpes” a été créée pour sensibiliser le consommateur à acheter local et simplifier les approvisionnements des collectivités. Mais il est encore difficile pour les acteurs rhônalpins d’avoir accès aux marchés locaux. »
Autre problématique soulevée : les équipements. Rhône-Alpes compte 27 abattoirs, contre 33 il y a cinq ans. « Les outils sont vieillissants, concède Jacques Meley, directeur adjoint de Deveille à Feurs dans la Loire et représentant la Fédération nationale de l’industrie et du commerce en gros de viandes. Beaucoup d’entreprises ont pris les devants pour faire leurs propres outils. La question est la suivante : doit-on maintenir certains outils ? » Malgré leur vétusté, les abattoirs rhônalpins seraient en surcapacité. Le plan abattoir engagé avec les pouvoirs publics doit permettre de redessiner la carte en conservant une proximité nécessaire à ce type d’activité, tout en allant vers un parc spécialisé. « Il faut se battre pour garder des outils industriels dans la région, tout en les calibrant au volume de la production. » Il devrait rester moins de 20 abattoirs en Rhône-Alpes dans les cinq ans.
 
6 000 emplois industriels
La filière viande en Rhône-Alpes représente un poids économique important. Pour la production, elle compte 15 000 élevages de bovins, 269 000 vaches laitières (7% du cheptel national), 166 000 vaches allaitantes (5 % du cheptel), 275 000 brebis (5 % du cheptel) et 3 000 éleveurs ovins. Cinq organisations de producteurs commercialisent les productions de leurs adhérents. Une centaine d’entreprises fait du négoce de bestiaux sur deux marchés principaux à Bourg-en-Bresse dans l’Ain et à La Talaudière dans la Loire. Les 27 abattoirs emploient quelque 1 000 salariés. Du côté de la transformation, une centaine d’entreprises et d’industriels emploie 6 000 salariés. Pour la distribution, la filière s’appuie sur 1 800 artisans bouchers et un réseau très dense de grandes surfaces avec 900 GMS et 55 hypermarchés.
 
(1) Fédération nationale bovine, Syndicat national de l’industrie des viandes, Fédération nationale de l’industrie et du commerce en gros de viande, Fédération nationale des exploitants d’abattoirs prestataires de service, Fédération française des marchés de bétail vif, Fédération française des commerçants de bestiaux, Fédération nationale ovine, FCD Comité métier viande, Coop de France bétail et viande, Confédération nationale de la triperie française, Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs, Fédération nationale des groupements d’achats et coopératives de la boucherie-charcuterie française, Comité de coordination des collectivités.

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