Le rapport sur le plan recherche & innovation 2025 de la filière forêt bois a été rendu au ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll à Paris, le 9 mai. Une des grandes priorités est la mobilisation de financements innovants.
« La filière forêt bois est un système de long terme. On finance sur soixante ans », a rappelé Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, lors de la présentation du rapport Recherche et innovation 2025 pour la filière forêt bois à Paris, le 9 mai. Cette particularité fait que la filière forêt bois doit innover car, pour l’heure, selon la mission, le financement de sa R & D est « globalement modeste ». Ainsi, la mission préconise de mettre en place « une assistance des entreprises dans la mobilisation des financements européens ». Les entreprises de la filière sont principalement des PME et des PMI, rappelle S. Le Foll. Elles n’ont pas forcément les moyens de dénicher des financements, d’autant que l’offre est très éclatée. Ainsi, la mission relève que « le Feader peut cofinancer des actions de recherche-développement innovation dans le cadre du PEI (partenariat européen pour l’innovation) ». Outre les financements européens, le rapport donne une liste des financements d’État, de l’Ademe ou encore des établissements publics de recherche (voir graphique).
Moins de guichets
Le financement de demain passe d’abord par une concentration des financements actuels. La mission recommande donc de limiter le nombre de « guichets » d’aides et de soutiens pour la filière forêt bois. Par ailleurs, les experts préconisent une cogestion du Fonds stratégique de la forêt et du bois (FSFB) avec l’Ademe (Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie). En outre, « les financements de l’État à destination de la filière forêt bois sont globalement en baisse ». Dans ce contexte, les experts préconisent d’accroître les dotations de l’État pour l’aide à l’innovation et distribuées par la Banque publique d’investissements France. Par ailleurs, elle propose de mettre en place une force de lobbying français au niveau européen pour trouver de nouveaux outils de financements.
Financements à inventer
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Réorganiser ou rechercher les financements existants ne sera pas suffisant, nous apprend le rapport. Des financements restent à inventer. Il s’agit principalement du financement des services rendus par la forêt. « Si on veut rémunérer un jour la biodiversité, les services environnementaux… il faut des indicateurs », soutient le ministre. Mis à part ces derniers, la mission propose la mise en œuvre d’une fiscalité permettant de rémunérer ces bienfaits. Concrètement, ce pourrait être une taxe sur les bouteilles d’eau en plastique réaffectée à la filière. Mais des innovations fiscales devront être dénichées. D’ici là, le ministre a rappelé aussi l’enjeu à court terme. « Il faudra s’entendre, d’ici à l’examen de la loi de finance 2017, sur un cadre commun qui nous permettra d’alimenter le Fonds stratégique forêt bois à hauteur de 100 M€ ».
S. L Foll : « Si on veut rémunérer un jour la biodiversité, il faut des indicateurs »
Le rapport innovation 2025 forêt identifie treize projets de recherche
Le plan de recherche & innovation 2025 pour la filière forêt bois, présenté le 9 mai à Paris, a mis en lumière treize projets d’avenir. Ils sont regroupés selon trois grandes priorités. Ainsi, la mission préconise « d’accroître l’ensemble des performances du secteur par des approches systèmes », « de développer les usages du bois dans une perspective bioéconomique » et « d’adapter la forêt et préparer les ressources forestières du futur ». Par exemple, des recherches en sciences humaines et sociales doivent cibler des études sur la perception et/ou l’acceptation par la population de l’exploitation de la forêt. D’autres projets doivent travailler à l’amélioration du bois construction pour envisager des immeubles de plusieurs étages.