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Blé tendre Les Français continuent à acheter du pain, même en temps de crise

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La crise économique n’y change rien, le prix du produit ou l’idée que l’on s’en fait non plus : les Français continuent d’acheter du pain. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par le Crédoc et l’ANMF, présentée le 10 septembre. Le pain de tradition française a même vu ses ventes augmenter.

Même s’ils jugent que son prix augmente, les consommateurs continuent d’acheter du pain. C’est l’une des conclusions de l’enquête menée par le Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) et l’ANMF (Association nationale de la meunerie française). Son but : comprendre l’impact de la crise économique sur la consommation du pain. Réalisé en juillet dernier auprès d’un échantillon représentatif de la population, ce travail a été présenté par Pascale Hebel, directrice du département consommation du Crédoc, le 10 septembre à Paris, lors de l’assemblée générale de l’ANMF. Premier constat : 79 % des Français estiment que le prix du pain a augmenté sur un an, et 30 % jugent la hausse importante. Or dans les faits, les prix ont progressé de 0,8 %. Sur les six derniers mois, ils ont même baissé de 0,3 %. Pourtant, 41 % des personnes interrogées estiment que sur cette période, le prix a continué de progresser.

« L’approche rationnelle n’a pas de prise »
« Il y a un décalage important entre la perception du prix du pain et la réalité », a souligné Pascale Hebel. Probablement parce que « l’approche rationnelle n’a pas de prise » sur ce produit, a expliqué Steven Kaplan, professeur d’histoire à l’université de Cornell. Pour ce spécialiste de l’histoire du pain, « il ne faut pas reprocher aux gens de ne pas faire la bonne analyse ». Car, chargé de symboles et d’émotion, le pain n’est pas un aliment comme un autre. « Toutes les hausses sont vues, a indiqué de son côté Pascale Hebel. C’est un achat quotidien et l’un des produits que l’on regarde le plus ». Quoi qu’il en soit, second constat de l’enquête, le consommateur continue d’acheter du pain. Les deux tiers des personnes interrogées n’ont pas modifié leurs achats. Chez les autres, 16 % les ont réduits, essentiellement des consommateurs occasionnels. Et 14 %, correspondant à de gros mangeurs de pain, les ont augmentés. Dans un cas comme dans l’autre, c’est l’argument santé qui est mis en avant. Pour les premiers, le pain fait grossir, pour les seconds, il apporte au contraire des nutriments essentiels.

« L’exception » du pain de tradition française
« On se révolte sur le prix du pain, mais c’est symbolique, puisque ce n’est pas cela qui pèse dans les achats », a précisé Pascale Hebel. Globalement, la consommation de pain artisanale s’affiche d’ailleurs en progression. Sur le premier trimestre 2009, les ventes de pain de tradition française ont même grimpé de 10 %. En période de crise, « c’est une exception », a remarqué Pascale Hebel. Elle est liée au statut particulier de cet aliment, à la fois « valeur refuge » et « plaisir accessible », selon la spécialiste. C’est aussi un produit qui crée du lien social. Car même à l’heure des hyper et supermarchés, 93 % des consommateurs achètent leur pain chez des artisans-boulangers. Ils ne sont généralement pas fidèles à un commerce en particulier, mais le pain reste un achat de proximité. Autant de spécificités essentielles, pour Steven Kaplan. « Il faut que le pain-symbole reste la base de ce que vous faites ! », a-t-il lancé aux meuniers.

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