En réaction à l’uniformisation et à l’absence de saveurs de certains produits alimentaires, les Français affichent leur quête pour des aliments plus goûteux, dotés d’une typicité affirmée. Cette tendance, liée à la recherche de qualité et d'originalité, est bien connue des organisateurs du Concours général agricole de Paris, qui constatent un engouement inédit de la part de consommateurs curieux, avides d’améliorer leurs connaissances. Ils sont de plus en plus nombreux à candidater pour devenir jurés, comme c’est le cas pour la prochaine édition du Concours général qui place son édition 2018 sous le signe du goût.
En réaction à l’uniformisation et à l’absence de saveurs de certains produits alimentaires, les Français affichent leur quête pour des aliments plus goûteux, dotés d’une typicité affirmée. Cette tendance, liée à la recherche de qualité et d'originalité, est bien connue des organisateurs du Concours général agricole de Paris, qui constatent un engouement inédit de la part de consommateurs curieux, avides d’améliorer leurs connaissances. Ils sont de plus en plus nombreux à candidater pour devenir jurés, comme c’est le cas pour la prochaine édition du Concours général qui place son édition 2018 sous le signe du goût.
« Le goût avant tout », tel est le slogan que s’est choisi le Concours général agricole de Paris pour sa 127e édition, dont la finale se tiendra du 24 au 27 février à l’occasion du Salon international de l’agriculture. Les organisateurs, le commissaire général Benoît Tarche en tête, témoignent de cet engouement des consommateurs français pour la notion de goût dans leur alimentation. « Nous voyons clairement depuis ces 5 dernières années un très fort engouement des Français pour participer aux jurys chargés de décerner les médailles du Concours général agricole », explique Benoît Tarche. Or, ce concours récompense les produits alimentaires sur leurs seules qualité organoleptiques. « Nous subissons cette année une forte pression des candidats, qui sont très nombreux et très motivés », poursuit le commissaire général. Car, avant de devenir juré, le Concours général organise des sessions de formation d’une journée destinée à armer les candidats des fondamentaux de la dégustation dans la spécialité qu’ils ont choisie. « Pour le concours de cette année, nous avons formé 1200 jurés contre 240 il y a 3 ans », souligne Benoît Tarche. Au total, 53 sessions de formation (initiation ou perfectionnement) à la dégustation de produits et de vins ont été organisées en vue de l’édition 2018 du concours. L’année dernière, plus de 10 000 jurés s’étaient mobilisé dont 6 120 jurés professionnels et consommateurs lors des finales.
Un des enjeux du concours est de parvenir à des jurys équilibrés entre professionnels et particuliers car les organisateurs tiennent à ouvrir le concours sur les attentes des consommateurs. « Les jurés non professionnels sont aussi là pour représenter le monde des consommateurs face aux certitudes parfois affichées des professionnels », rappelle Benoît Tarche. Leur profil évolue au fil des années. Plus de femmes qu’avant, qui ne sont pourtant que 31% des effectifs même si l’on note une féminisation plus affirmée du côté des formatrices à l’analyse sensorielle. Plus de jeunes aussi, avec un âge moyen de 51 ans, en cours de rajeunissement. Le taux de renouvellement des jurés d’une année sur l’autre est de 20% tandis que les habitants non Franciliens représentent aujourd’hui 60% de l’effectif.
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Aussi, le concours, dans sa volonté de suivre les évolutions du marché, s’adapte-t-il aux nouvelles segmentations et aux nouveaux produits. Après deux ans de concertation avec les professionnels, une nouvelle segmentation entre en vigueur cette année autour de 10 catégories et 28 sections différentes. Les viandes rouges accueillent désormais une nouvelle section dédiée au charolais label rouge. Quant aux rillettes de carpe, un concours expérimental est organisé pour l’édition 2018, avant une éventuelle pérennisation en 2019.
« Le goût est un enjeu car il signe la qualité », explique Nathalie Damery, directrice de l’Obscoco, un cabinet d’études qui développe une expertise dans le suivi des rapports des Français à leur alimentation. Selon l’Observatoire du rapport à la qualité dans l’alimentaire publié en 2016 par l’Obsoco, un Français sur trois juge qu’un produit alimentaire de qualité est un produit qui a du goût, et ce sont les plus jeunes chez qui cette propension est la plus affirmée (36% des 18-24 ans contre 22% des 55-70 ans). 79% d’entre eux estiment que manger est un plaisir, et 55% jugent que cuisiner est également un plaisir. « Ce rapport hédoniste à l’alimentation est tendu vers une demande de produits alimentaires ayant bon goût, agréables à déguster, souligne-t-elle. Mais ce principe de plaisir doit de plus en plus composer avec des principes de tempérance, de responsabilité et d’authenticité ». Cette année, le concours général accentue encore le lien avec les terroirs et la qualité. La compétition pour les vins n’est ouverte qu’aux seules IGP et AOC, et uniquement aux produits porteurs d’un signe officiel de la qualité et de l’origine (Siqo) pour les viandes.
Les médailles, un atout vis-à-vis du consommateur
Au total, ce sont 23 000 produits et vins qui participent à la compétition pour décrocher une médaille d’or, d’argent ou de bronze, chacun dans sa catégorie, soit un peu plus que l’année dernière avec 22 220 produits et vins. Les professionnels sont de plus nombreux à prendre part au Concours général agricole de Paris. « Ils y trouvent un moyen de faire reconnaître la qualité de leurs produits par des jurys indépendants, d’améliorer le goût de leur produits et d'avoir une meilleure connaissance des attentes des consommateurs », rappelle Benoît Tarche. Les médaillés utilisent leur récompense dans le cadre de la négociation commerciale comme un atout de plus, mais aussi vis-à-vis du client final. 73% des consommateurs réagissent positivement à un produit médaillé par le Concours général, soulignent les organisateurs de la manifestation. Selon les retours d’expérience, ils estiment qu’un produit porteur d’une médaille génère un chiffre d’affaires supérieur de 15 à 20% par rapport à un produit qui en est dépourvu. Mais un médaillé sur trois ne fait pas figurer la récompense, en raison de la méconnaissance de la médaille sur certains marchés internationaux ou de la difficulté technique à l’apposer sur l’emballage.