BENOIT HAMON N'ABANDONNE PAS LE DOSSIER DE L'ORIGINE DES VIANDES
Lors de sa session du 3 au 6 février, le Parlement européen sera amené à voter, en séance plénière, sur une procédure d'objection ouverte à l'encontre de la Commission européenne visant son projet de règlement sur l'étiquetage des viandes. Celui-ci concerne l'étiquetage obligatoire de l'origine de la viande fraiche, qu'elle soit porcine, ovine, caprine et de volaille, fraiche ou congelée. Cette réglementation ne concerne pas les plats préparés. Dans un communiqué publié le 31 décembre, le SNIV-SNCP, en sa qualité de représentant des principaux acteurs économiques responsables des filières viandes françaises, appelle les parlementaires européens à appuyer massivement la procédure d'objection. Il estime que ce règlement « est d'une complexité invraisemblable s'agissant de déterminer l'origine d'une viande de porc ou d'ovin en fonction de l'âge et du poids de l'animal, et qu'il permet en plus de couper court à toute règlementation portant sur l'étiquetage des viandes entrant comme ingrédient dans les plats préparés ». Pour le SNIV-SNCP, agir et revenir sur ce règlement est une nécessité.
De même, dans un communiqué daté du 29 janvier, Interbev demande avec insistance de faire évoluer la réglementation, et « de rendre obligatoire l'étiquetage de l'origine (né, élevé, abattu) par pays sur la viande commercialisée, qu'elle soit fraîche ou incorporée en tant qu'ingrédient dans les plats cuisinés. » Sur le même front, l'UGPVB, union des groupements de producteurs de viande en Bretagne, a fait savoir qu'elle attendait une prise de position « vigoureuse » de la France, exigeant « la transparence en matière d'information du consommateur, mais aussi la valorisation des produits » via cet étiquetage. Pour le SNIV-SNCP, agir et revenir sur ce règlement est une nécessité et il note que si une majorité simple de parlementaires décide de s'y associer, la Commission n'aura d'autre choix que de revoir sa copie. Cette requête est d'autant plus légitime, juge l'organisation, qu'elle se positionne en réponse à une demande claire des consommateurs.
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Le ministre délégué à la consommation Benoît Hamon ne veut pas baisser les bras sur la mention obligatoire de l'origine des viandes a-t-il expliqué le 31 janvier en réponse à une interview de l'agence France presse. « Je regrette, affirme Benoît Hamon, que la Commission européenne soit toujours plus sensible au lobbying des industriels qu'à celui des consommateurs et des États qui les contrôlent. Une fois de plus, cette commission conservatrice et libérale a d'abord écouté les industriels avant les consommateurs ». Mais, explique le ministre délégué, « il y aura bientôt des élections... Et nous réessaierons après ». Quant à la situation en France, il explique que l'Etat « a multiplié par dix le niveau des sanctions financières en cas de fraude et désormais, celui qui triche et se fait attraper va payer cher. »