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Enquête (Ipsos) Les Français restent favorables à une détaxation de l’éthanol

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Plus de Français qu’en 2010 sont favorables à une détaxation de l’éthanol par rapport à l’essence, ressort-il d’une enquête réalisée par Ipsos pour la Collective du Bioéthanol, diffusée le 16 novembre aux deuxièmes Rencontres du Bioéthanol, organisées par le Syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA).

Ils sont cette fois 70% de Françaiçs à estimer qu’il « faut moins de taxes que sur l’essence pour pousser les gens à consommer du bioéthanol et à moins nuire à l’environnement ». En 2010, ils étaient 62% à répondre ainsi. Ces résultats ont été diffusés le 16 novembre aux deuxièmes Rencontres du Bioéthanol, qui se sont tenues à l’Assemblée nationale. Pour compléter ces résultats, seulement 24% ont répondu oui à la proposition « il ne faut pas moins de taxes sur l’éthanol que l’essence car c’est coûteux (pour les finances publiques) et les gens ne l’utiliseront pas plus ». En 2010 ils étaient 34% à répondre ainsi.
Cette enquête a été réalisée sur un échantillon de 983 personnes interrogées par téléphone selon la méthode des quotas (âge, sexe, profession, catégorie d’agglomération), a précisé Ipsos.

Un taux de croissance plus soutenu que les carburants fossiles après 2020

Lors d’une table ronde qui s’est tenue lors de ces rencontres, un représentant des pétroliers, Olivier Macé, responsable de la stratégie de BP biocarburants, a indiqué que les biocarburants seront quasiment les seuls à pouvoir assurer l’objectif des 10% d’énergie renouvelable dans les transports dans l’UE en 2020, objectif fixé par la directive communautaire 2009/28. La production mondiale de biocarburants était de 1,8 million de barils par jour en 2010, elle est prévue à 6,5 millions de barils par jour en 2030, a-t-il révélé. De 2020 à 2030, période à partir de laquelle les biocarburants de seconde génération décolleront sur le plan industriel, les biocarburants représenteront la plus importante source de croissance de l’industrie des carburants, devant les carburants pétroliers, a ajouté l’expert de BP.
La suite de la table ronde a permis de clarifier le débat sur les biocarburants et l’alimentation. La FAO (Agence des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation) « ne décrète pas l’interdiction des biocarburants », a indiqué Luc Guyau, président indépendant du conseil de la FAO. La position de la FAO sur cette question « est ouverte » : il s’agit avant tout d’éviter que les biocarburants concurrencent l’alimentation via des soutiens trop élevés. « On ne peut décréter les mêmes taux de biocarburants souhaitables en Europe, en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est. Tout ce qu’il faut savoir, c’est quel est le bon taux », selon lui. Le principe des biocarburants est justifié : l’agriculture a toujours produit de l’énergie, pour la traction animale.
Pierre Siquier, président de la Fondation pour la nature et l’homme, créée par Nicolas Hulot, a demandé aux professionnels des biocarburants de « mieux s’expliquer », quand ils affirment qu’ils ont fait d’importants efforts pour réduire le recours aux intrants sur les cultures. « Quand vous le dites, on ne vous croit pas beaucoup, prouvez-le », a-t-il lancé à Éric Lainé, président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB). Ce dernier a répondu en citant des chiffres : la fertilisation azotée des betteraves est passée de 200 unités il y a 20 ans à 100 aujourd’hui ; la dose de désherbant est passée dans le même temps de deux passages à 6 litres à quatre passages à 0,6 litres.
En conclusion, le député Stéphane Demilly (Nouveau Centre, Somme), a déclaré que la sécurité énergétique et la réindustrialisation de la France sont devenus, en raison de la conjoncture géostratégique et économique chaotique sur le plan international, des enjeux « cruciaux », qui militent pour un développement des biocarburants.

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