Participer davantage aux débats économiques et mieux se faire entendre auprès des consommateurs ont été les points forts des discussions de l'assemblée générale d'Interfel. L'accord transatlantique a aussi été au centre du débat.
LA question de l'accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l'Europe faisait partie des inquiétudes des producteurs à l'assemblée générale de l'interprofession des fruits et légumes frais (Interfel) qui s'est déroulée le 11 juin à Paris. Pour Razzy Hammadi, député PS de la septième circonscription de Seine-Saint-Denis, invité au débat, il ne faut pas signer cet accord à n'importe quel prix. « L'objectif : c'est la réciprocité ! Il est en train de se jouer la question du centre de gravité commercial. Je suis pour l'Europe ouverte, pas pour l'Europe offerte », argue-t-il. Le président d'Interfel, Bruno Dupont veut défendre une « position forte » pour les fruits et légumes frais dans le débat transatlantique. Les producteurs reprochent d'ailleurs aux députés européens de ne plus parler de l'accord depuis les élections du 25 mai.
Mieux se positionner sur le secteur frais
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La filière fruits et légumes souffre d'un manque de communication auprès des consommateurs. Le sociologue Denis Muzet, qui est intervenu à l'assemblée générale, incite les producteurs à transformer leurs points faibles en force. « Vous n'avez pas à avoir honte : vous êtes petits et qualitatifs à l'heure où il faut être grand et gros. Mais les Français aiment la proximité et ne veulent pas voir leurs repères disparaître. Ils détestent tout ce qui est mondial », commente-t-il. L'un des objectifs d'Interfel est d'ailleurs de « positionner le frais, même sur des dossiers politiques où l'interprofession n'avait pas toujours la prétention d'être », explique Bruno Dupont. « La profession doit avoir une meilleure connaissance du secteur frais. Peut-être que nous devrions mieux choisir nos mots, avec un vocabulaire plus ciblé ? », s'interroge le président d'Interfel.