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Biocarburants de seconde génération Les « gisements » de biomasse ont des marges de progrès multiples

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Les « gisements » de biomasse pour la future production de biocarburants de seconde génération ont des marges de progrès multiples, tant par l’augmentation des rendements que par l’amélioration de la logistique. C’est l’un des points forts des conclusions du programme Régix, d’évaluation des gisements de biomasse, le 4 mai à Lyon.

Les gisements de biomasse pour la future production de biocarburants de seconde génération, à partir de biomasse cellulosique, sont extensibles. Des progrès agronomiques sont attendus, et l’amélioration de la logistique ainsi que du machinisme pour l’exploitation forestière laissent entrevoir une réduction des coûts de production. Plusieurs partenaires du programme Régix (1), qui a consisté à évaluer les gisements de biomasse, ont remis leurs conclusions, après des travaux qui ont duré depuis 2005, le 4 mai à Lyon, dans le cadre de la 18e conférence européenne sur la biomasse.

Réduction possible de 3 euros le mégawatt-heure
On commence à disposer de données précises sur la biomasse-énergie. Actuellement, le coût de production d’un mégawatt-heure issu de la biomasse dans les usines de co-génération (production d’électricité et de chaleur) est de 23 euros. Ces 23 euros le mégawatt-heure concernent aussi bien les filières agricoles (miscanthus, switchgrass, sorgho fibre, canne de Provence, triticale, fétuque élevée, luzerne) que les filières forestières (rémanents d’exploitation forestière : souches, branches, cîmes). Sylvain Marsac, du service des études économiques d’Arvalis-Institut du végétal, a évoqué une réduction des coûts possible de trois euros par mégawatt-heure grâce à une réduction de coûts de stockage et de transport. « Il faudrait tendre vers des produits fluides et denses », or pour l’instant l’écueil est la faible densité de produits qui ont la consistance de la paille.
Des progrès agronomiques sont attendus. Le miscanthus, qui a un rendement d’environ 12 tonnes de matière sèche à l’hectare, peut atteindre 15 tonnes en récolte d’hiver et 20 tonnes en récolte d’automne, a décrit Alain Besnard, du GIE Arvalis-Onidol (2). Le triticale, lui, a un rendement de 10,3 tonnes de matière sèche à l’hectare et peut atteindre 16 à 18 tonnes « avec un avantage au Nord » de l’Hexagone.
Les coûts de production de la biomasse forestière augmenteront probablement du fait des multiples usages du bois, en expansion (ameublement, papeterie, bois-énergie). Mais l’amélioration des engins forestiers, tels les abatteuses, qui ont accru leurs rendements de 4 à 5 fois dans la dernière décennie, devrait compenser ce renchérissement, selon Damien François, de l’Union de la coopération forestière française.

(1) Parmi les partenaires du programme Régix, citons Arvalis, l’Onidol, l’Inra, l’Union de la coopération forestière française, EDF.
(2) Onidol : Organisation nationale interprofessionnelle des oléagineux.

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