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Crise du porc Les groupements donnent un coup de pouce financier à leurs éleveurs

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Pour soulager la grave crise qu’endurent depuis plusieurs mois les producteurs de porcs en France, les groupements de producteurs redistribuent une partie de leurs résultats ou de ceux de leurs filiales.

Il y a encore quelques mois, les élevages porcins perdaient jusqu’à 15 000 euros par mois, en raison du trop grand écart entre le coût moyen du kilo vif fixé au marché au cadran MPB, et le coût de revient largement grevé par l’envolée du prix des céréales. L’écart s’est réduit depuis le début de l’année mais les élevages perdent encore de l’argent. « Le prix de vente reste à 1,53 euro (primes de qualité comprise, N.D.L.R.) alors que le coût de revient se situe autour de 1,67 euro le kilo », précise Guy Dartois, président de Cooperl-Hunaudaye.

Prise en charge d’intérêts

Pour soulager la trésorerie de ses adhérents, le groupe costarmoricain, leader de la production en France avec 3,7 millions de porcs produits par an, a jusqu’à présent privilégié les solutions individuelles aux « annonces collectives moins ciblées et souvent moins efficaces », explique-t-il dans son rapport d’orientation. Cooperl Hunaudaye propose la gratuité du dispositif CAT (Caisse d’aide à la trésorerie), qui équivaut à la prise en charge des intérêts d’emprunt la première année. Ce montant devrait atteindre 1 million d’euros en 2008.

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Chez Prestor (Finistère) qui produit 1,4 million de porcs, c’est d’une tout autre redistribution qu’il s’agit. La prise de participation de Prestor chez l’industriel Gad (Finistère) a fait des petits. « Nous redistribuons cette année 4 millions d’euros aux 400 éleveurs du groupement, en fonction de leurs parts sociales », explique Guillaume Roué, son président. L’opération « tombe plutôt bien », reconnaît celui qui préside aussi l’interprofession Inaporc.

Enfin, au Gouessant (Côtes d’Armor), groupe coopératif spécialisé dans la fabrication d’aliments qui pilote un groupement de producteurs (100 000 têtes), le dispositif d’avances de trésorerie de 200 euros par truie, ouvert pour six mois le 1 er janvier dernier, est reconduit jusqu’à la fin de l’année. Un geste d’une valeur de 11 millions d’euros à ce jour.