Les groupes consultatifs réunissant à intervalles réguliers les représentants des secteurs agricole et agroalimentaire de l'UE sous l'égide de la Commission européenne seront remplacés à partir de juillet prochain par des « groupes de dialogue civil » ouverts à d'autres organisations, de défense de l'environnement ou du bienêtre animal par exemple. Un changement préoccupant pour les délégués du monde agricole.
La Commission européenne va « revoir le processus de dialogue au sein des groupes consultatifs chargés des questions agricoles et prévoir le cadre du dialogue civil dans le domaine de l'agriculture et du développement rural, y compris les aspects internatio naux ». Publiée au Journal officiel de l'UE, cette décision, qui sera mise en œuvre le 1er juillet 2014, a pour but « d'accroître la transparence et de mieux équilibrer les intérêts représentés ».
« Assurer une représentation équilibrée de tous les intérêts »Les « groupes de dialogue civil », qui assisteront la Commission comme le font aujourd'hui les groupes consultatifs sectoriels (lait, céréales, vin, etc.), seront « au moins composés d'organisations non gouvernementales de niveau européen, y compris d'associations représentatives, de groupes d'intérêts socio-économiques, d'organisations de la société civile et de syndicats qui sont enregistrés dans le registre de transparence européen commun ».
Il reviendra au directeur général des services agricoles de la Commission, Jerzy Plewa, d'« assurer une représentation équilibrée de tous les intérêts exprimés », en particulier « un équilibre entre les intérêts économiques et les intérêts non économiques ».
Les réunions des groupes se tiendront comme précédemment à Bruxelles, les frais de voyage et de séjour des experts concernés étant remboursés par la Commission.
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Les organisations et coopératives agricoles représentées au sein du Copa-Cogeca redoutent que les acteurs de la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire soient marginalisés dans le nouveau processus de consultation. Et ce, alors que le secteur doit faire face à des défis tels que les négociations commerciales, l'étiquetage de l'origine, les méthodes de production, l'amélioration de la productivité, la transparence ou encore l'accès au marché.
Dès le mois de juin, le secrétaire général du Copa-Cogeca, Pekka Pesonen, s'était adressé par écrit aux services de la Commission, affirmant que la participation d'« acteurs qui ne sont pas directement impliqués » à des groupes consultatifs élargis pour débattre de la réforme de la Pac « n'a pas eu d'impact réellement positif », y compris sur « l'image publique » du secteur. Selon lui, c'est même, « une mauvaise image de l'agriculture et des industries concernées qui a été, dans de nombreux cas, répandue auprès du grand public ».
« Pas à nos dépens »Le Copa-Cogeca demandait donc à la Commission de « maintenir une forte participation des acteurs du secteur » au processus de consultation (fournisseurs d'intrants, agriculteurs, coopératives, négociants, transformateurs, grossistes, détaillants). « Nous ne demandons pas plus de ressources financières, de réunions ou une augmentation de leur fréquence, mais nous ne pouvons pas accepter que notre participation soit diminuée d'abord pour des raisons budgétaires puis de nouveau pour des raisons de “représentation équilibrée”. Le nombre d'autres acteurs peut être accru, mais pas à nos dépens », concluait Pekka Pesonen.