Abonné

Les Hauts-de-France vent debout contre une baisse des tarifs du biométhane

- - 4 min

La région vient de présenter des dispositifs innovants chargés d’accompagner la modernisation et la compétitivité des exploitations. Politiques et professionnels de la région Hauts-de-France ont fortement réagi après l’annonce du ministre de l’Ecologie de baisser le prix de rachat du biogaz de 30 %.

Le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie dévoilé le 25 janvier dernier et revoyant à la baisse les objectifs de production de biométhane passe très mal dans la région Hauts de France. « C’est un véritable coup de gueule que nous voulons pousser après la décision incompréhensible du nouveau ministre de l’Ecologie de baisser le prix de rachat du biogaz de 30 % », ont défendu Marie-Sophie Lesne et Jean-Michel Serres, respectivement vice-présidente en charge de l’agriculture et de l’agroalimentaire et président de la commission agriculture du Conseil Régional Hauts-de-France le 15 février lors d’une conférence de presse. « Un coup de gueule » qui fait suite à un courrier adressé par Xavier Bertrand à François de Rugy fin janvier. « Quel est le lobby qui a frappé ? », s’est d’ailleurs interrogé le président de région.

Un budget modeste

Les Hauts-de-France ambitionnent en effet de devenir la première région européenne de biométhane injecté. « 180 dossiers sont actuellement en instruction, 60 à 90 d’entre eux aboutiront d’ici 2020. Aujourd’hui, 33 unités sont en fonctionnement dans la région et 9 en construction », a rappelé Marie-Sophie Lesne. C’est dire si les Hauts de France ont pris cette annonce comme un véritable coup de massue, d’autant plus que « ce sont des projets qui demandent une stabilité politique », a rajouté Jean-Michel Serres. De son côté, Philippe Vasseur devait également monter au créneau sur un sujet qu’il défend depuis 2013, date du lancement de son projet de 3e révolution industrielle REV3, alors qu’il présidait la chambre régionale de commerce et d’industrie.

La région a beau afficher un budget agricole annuel des plus modestes (22 M€) comparé à sa puissance agricole, elle n’en demeure pas moins à la pointe de l’innovation dans l’accompagnement de ses agriculteurs et de ses industries agroalimentaires. « Nous venons de faire voter des avancées majeures qui doivent permettre aux exploitations agricoles de retrouver un peu plus de compétitivité et poursuivre leur modernisation », a indiqué Marie Sophie Lesne.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Hauts-de-France
Suivi
Suivre

Elle faisait ainsi allusion au dispositif de soutien à l’approvisionnement local, à la création du fonds de garantie et du système d’avance remboursable, du dispositif d’aide à la conversion au bioéthanol ainsi que des programmes d’accompagnement du développement de la Bio (146 nouvelles conversions en 2018) ou de l’export.

Biométhane : des dizaines d’acteurs demandent un soutien à Macron

Des dizaines d’acteurs du biométhane (régions, syndicats professionnels, associations environnementales…) interpellent Emmanuel Macron pour lui demander de soutenir la filière, dans un texte rendu public mardi, alors que les ambitions ont été revues à la baisse. "Nous, acteurs engagés dans la transition énergétique et climatique, croyons au développement du biométhane en France, en complément des actions de sobriété et d’efficacité énergétique", écrivent-ils dans une lettre adressée au président de la République et qui doit être publiée dans la presse. Elle est signée par 42 acteurs allant de l’Association française du gaz (AFG) à la FNSEA, en passant par l’ONG de défense de l’environnement WWF et plusieurs grandes régions françaises. "Nous ne pouvons nous passer d’une filière qui crée des revenus pour les agriculteurs, des emplois non délocalisables et contribue efficacement à la préservation des ressources et à la lutte contre le changement climatique", estiment les signataires. Le projet de PPE présenté en janvier par le gouvernement réduit les ambitions sur le biogaz, qui devrait représenter 7 % de la consommation de gaz en 2030 au lieu de 10 % prévu dans la loi sur la transition énergétique.