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Exportation/Stratégie Les IAA parmi les quatre priorités pour les exportations françaises

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Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, a présenté le 3 décembre lors d'une conférence de presse à Bercy, ses priorités d'action pour faire participer l'offre française à l'essor de la demande mondiale. L’objectif que lui a fixé Jean-Marc Ayrault, est le retour à l’équilibre de la balance commerciale en cinq ans hors énergie. « C’est un enjeu majeur, rappelle-t-elle, car chaque milliard d’euros supplémentaire à l’export correspond à 10 000 emplois en France». Dans le secteur agroalimentaire et des biens d'équipements agricoles et agroalimentaires, la demande mondiale devrait progresser de 110 milliards d'euros d'ici 2 017 et de 255 milliards d'ici 2022. Ce secteur fait donc partie des priorités du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi.

Le constat est sans appel, pour le gouvernement : en dix ans, nos parts de marché ont reculé de 35% et l’objectif est d’enrayer ce déclin. Pour ce faire, le gouvernement, s’appuyant sur les travaux de la direction générale du Trésor, a développé une nouvelle analyse économique qui, avec l’aide des services d’Ubifrance a identifié les marchés géographiques les plus porteurs et choisi 47 d’entre eux qui, ensemble représentent 80% des importations mondiales en 2012 et en 2022. Ces pays devraient générer un potentiel d’importations de près de 12 000 Md€ en 2022 par rapport à 8500Md€ en 2012. À ces pays dont les demandes sont les plus fortes, le gouvernement veut associer quatre grandes familles de produits ou services qui tournent autour des thèmes : mieux se nourrir, mieux se soigner, mieux vivre en ville et mieux communiquer. L’augmentation de 7% de nos parts de marchés dans ces quatre grands secteurs permettrait d’atteindre l’objectif fixé au terme du quinquennat d’équilibrer le solde commercial.

Dix huit pays cibles pour l’agroalimentaire

Le secteur agroalimentaire se trouve bien évidemment parmi les leviers privilégiés de la reconquête. Produits agricoles et alimentaires, équipements sont au cœur d’enjeux essentiels en matières nutritionnelle, énergétique, environnementale et sanitaire. La croissance démographique couplée à l’augmentation du niveau de vie et à l’urbanisation devraient faire progresser les importations mondiales dans ces secteurs de 110 Md€ d’ici 2017 et de 255 Md€ d’ici 2022, pour atteindre respectivement 865 Md€ et 1 010 Md€ en 2017 et 2022. La demande mondiale portera notamment sur les produits transformés, les produits laitiers, l’épicerie fine, les vins et spiritueux, secteurs dans lesquels la France possède des entreprises performantes.
En croisant les pays les plus importants en termes d’importations au cours de la décennie future avec l’analyse des services économiques de la DG Trésor, les pays prioritaires identifiés dans le secteur agricole et alimentaire sont au nombre de 18 : Chine, Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume Uni, Belgique, Pays Bas, Corée du sud, Pologne, Canada, Emirats Arabes Unis, Russie, Tunisie, Maroc, Algérie, Brésil, Singapour, Arabie Saoudite. Ces pays représenteront 53% des importations mondiales dans le secteur « agroalimentaire » en 2022.
La Chine est de loin le pays avec le plus fort potentiel d’importations de produits agroalimentaires sur les 5 prochaines années avec une augmentation estimée à plus de 32 Md€ d’ici 2017, soit 4 fois plus que le Japon et la Corée du Sud réunis. Ce pays est déjà le 9e client de la France en produits transformés devant les Etats-Unis (produits laitiers par exemple). Le taux de croissance de ses importations dans ce domaine devrait demeurer au-dessus de 10% par an. D’autres pays ne devraient pas être en reste comme le reste de l’Asie, mais également l’Arabie saoudite (notamment pour la viande mais également les fruits et les produits transformés. En montant d’importations, les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni demeureront, après la Chine, les marchés les plus importants au niveau mondial. Si elle ne figure pas dans les 47 pays de l’étude, la Belgique est un marché dont la croissance est régulière pour les produits français. Il représente le 2e marché agroalimentaire pour les exportations françaises après l’Allemagne et le 3e pour les vins (+7% de croissance en 2012). Le Maghreb offre un marché pour les produits alimentaires en forte croissance (y compris hors céréales). Les pays du Maghreb constituent le premier client de la France en produits transformés hors d’Europe.

Travailler pour que ces priorités deviennent réalité

Pour mettre en œuvre ces potentialités, Nicole Bricq a présenté le Programme France Export 2013 qui présente pas moins de 900 opérations (foires, pavillons, missions, collectives ou individuelles, etc.) menées par les organismes de soutien à l’export, essentiellement par Ubifrance, en partenariat avec Sopexa pour le volet agroalimentaire. La filière agroalimentaire offrira à elle seule 129 opérations, une soixantaine en Europe occidentale, près de trente en Asie et Pacifique et plus d’une dizaine en Amérique et d’une vingtaine en Proche et Moyen Orient. Dominique Langlois, président d’Interbev et des établissements Jean Rozé qui assistait à cette présentation, se félicite de cette approche nouvelle qui privilégie lacollaboration entre les ministères, les administrations comme Ubifrance, Sopexa ou FranceAgriMer et les entreprises. Il espère que cette démarche de travailler collectivement devienne une réalité. Il estime que la France se doit d’apporter une offre globale, alliant des approches transversales regroupant viande, vin et fromage, par exemple ou par filière. Il cite l’exemple de ce que les professionnels de la viande ont mis en place avec la Turquie allant vers une coopération entre les éleveurs mais aussi les industriels de la viande ou les fabricants de matériel industiel.

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