L’Europe s’est fixé le seuil de 3% de dépenses consacrées à la recherche et au développement dans les prochaines années. Mais comment utiliser le plus efficacement cet argent, dans le secteur agroalimentaire ? C’est la question à laquelle tentent de répondre les représentants du secteur présents au sein de la Plate-forme technologique « Food for life ». Sous l’égide de la CIAA, elle met au point un calendrier stratégique axé sur la santé, la sécurité alimentaire et la durabilité de la chaîne de production des aliments.
Doter l’industrie agroalimentaire d’un calendrier de recherche commun. Tel est l’objectif de la Plate-forme technologique européenne « Food for life » créée l’été dernier sous l’égide de la CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l’UE) et de la Commission européenne. Dans les prochaines semaines, la plate-forme devrait avoir finalisé son agenda stratégique de recherche et développement. C’est ce à quoi s’attèlent ses participants qui tentent de se mettre d’accord sur les besoins de l’industrie agroalimentaire pour en faire l’une des plus compétitive à l’horizon 2020.
Le calendrier va correspondre, dans ses grandes lignes, aux thématiques de financement du 7e programme cadre de l’Union européenne (PCRD) : alimentation et santé, attentes des consommateurs, sécurité alimentaire, production durable, management de la chaîne alimentaire et qualité des aliments et fabrication. Pour chacune de ces thématiques, les membres de la plate-forme précisent des sujets de recherche. Il s’agit de trouver un agenda utile pour le secteur y compris les petites et moyennes entreprises et pas seulement pour les géants agroalimentaires ayant les capacités à mener des études de façon autonome.
Goût, bien-être et nutrition
Les clefs dégagées par la plate-forme pour dynamiser le secteur passent d’abord par une meilleure connaissance des préférences et des besoins des consommateurs. Il s’agit aussi de les réconcilier avec leur assiette et de parvenir à un meilleur équilibre entre les technologies permettant un développement durable et les réalités économiques.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le premier défi à relever est celui de la qualité des produits industriels qui devront aussi de plus en plus apparaître comme goûteux, source de bien-être et d’apport nutritionnel. Ils devront être une synthèse entre les préférences et les besoins des consommateurs. D’un point de vue presque médical, la recherche sera décisive pour comprendre et quantifier l’impact réel de la nourriture sur les cellules de l’organisme. Sous le slogan « ajouter de la vie à années vécues », les industriels de la plateforme pensent à terme pouvoir agir dans trois direction : les fonctions cérébrales, immunitaires et intestinales et enfin métaboliques. Pour y parvenir, cela passe par la mise en réseau d’organismes de recherches et de technologies.
Concilier croissance économique et respect de l’environnement
Autre défi : la durabilité de l’industrie de fabrication d’aliments. L’enjeu est d’abord de trouver des synergies entre la croissance économique, la protection de l’environnement et des conditions de production juste d’un point de vue social, estiment les membres de la plate-forme. Cette responsabilité doit être partagée par l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire, des agriculteurs aux consommateurs, et pas uniquement supportée par l’industrie.
Par ailleurs, la sécurité des aliments reste une préoccupation majeure du prochain programme cadre de recherche. L’enjeu aujourd’hui est de faire converger le risque réel et le risque tel qu’il est perçu par les consommateurs par une meilleure information et éducation, estiment les membres d’un groupe de travail de la plateforme. Les priorités de recherche en matière de sécurité alimentaire sont : une meilleure connaissance et un contrôle accru de la chaîne dans son ensemble ; une utilisation croissante des nouvelles technologies pour réduire les risques ; et la poursuite des recherches pour mieux comprendre les risques biologique et chimique ainsi que les points critiques de la chaîne alimentaire.