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Agroalimentaire et boissons Les IG, 6 % des ventes du secteur et 2 fois plus chères

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Les ventes de l’UE de produits agricoles et denrées alimentaires, de vins, de spiritueux et de vins aromatisés bénéficiant d’une indication géographique enregistrée (AOP et IGP) ont atteint 54,3 milliards d’euros en 2010, soit 5,7 % du total des ventes du secteur agroalimentaire et des boissons. En moyenne, leur prix était 2,23 fois plus élevé que celui de produits non IG comparables.

Une étude publiée le 4 mars par la Commission européenne chiffre à 54,3 milliards d’euros en 2010, contre 48,4 milliards en 2005, la valeur au stade de gros des produits agricoles et denrées alimentaires, des vins, des spiritueux et des vins aromatisés protégés par le régime communautaire des indications géographiques (AOP et IGP). Ceux-ci étaient au nombre de 2 768 : 1 560 vins représentant, en 2010, 56 % des ventes d’IG de l’UE (30,4 milliards d’euros contre 28 milliards en 2005) ; 867 produits agricoles et denrées alimentaires représentant 29 % des ventes d’IG (soit 15,8 milliards d’euros contre 13,3 milliards en 2015) ; 337 spiritueux (15 %, soit 8,1 milliards contre 7,2 milliards) et 4 vins aromatisés (0,1 %, soit 31 millions, comme en 2005).
Fin février 2013, 285 demandes d’enregistrement étaient en attente pour des produits agricoles et des denrées alimentaires, dont 61 émanant de la France, 49 de l’Italie, 39 de l’Espagne.
Les candidatures de trois nouvelles AOP sont en attente pour les vins, de même que quatre demandes émanant de pays tiers pour les spiritueux.

11,5 milliards d’euros d’exportations

Les ventes d’IG ont eu lieu à concurrence de 60 % dans le pays de production, de 20 % dans d’autres États membres et de 20 % hors de l’UE.
L’étude évalue à 11,5 milliards d’euros la valeur des exportations communautaires d’IG en 2010, soit 15 % des exportations de produits alimentaires et de boissons. Les vins représentent 47 % de cette valeur totale, les spiritueux 44 %, les produits agricoles et denrées alimentaires 10 %.
Les principales destinations sont les États-Unis (30 % des exportations), la Suisse et Singapour (7 % chacun), le Canada, la Chine, le Japon et Hong-Kong (6 % chacun).
En matière de reconnaissance et de protection des indications géographiques, l’UE a déjà conclu un accord (portant sur l’étiquetage) avec les États-Unis pour les vins et spiritueux. Un accord plus large est prévu aux termes des négociations commerciales que les deux parties doivent engager prochainement.
Des accords ont également été conclus avec l’Australie (pour les vins), le Canada (vins et spiritueux), le Mexique (spiritueux), le Chili (vins et spiritueux), l’Afrique du Sud (vins), la Suisse (tous produits), la Corée du Sud (tous produits dans la limite d’une liste), la Moldavie et la Georgie. Des accords ont été négociés avec Singapour (tous produits dans la limite d’une liste), l’Amérique centrale (tous produits avec une liste), le Pérou et la Colombie (tous produits avec une liste), la Chine (initiative réciproque dite 10-10).
Enfin, des pourparlers sont en cours avec le Canada pour les produits agroalimentaires, ainsi qu’avec l’Inde, le Mercosur et l’Arménie (« cognac »).

5,7 % des ventes du secteur agroalimentaire

Pour l’ensemble de l’UE, les ventes d’IG ont représenté, en 2010, 5,7 % des ventes totales du secteur agroalimentaire et des boissons de l’UE. Au niveau national, cette proportion était d’environ 14,5 % en France, 9,5 % en Italie et en Grèce.
L’étude estime que ces produits ont été vendus en moyenne 2,23 fois plus cher que les
non-IG comparables. Ce qui, bien entendu, précisent les auteurs, ne signifie pas que les producteurs d’IG ont obtenu des marges 2,23 fois plus élevées, car il doivent souvent supporter des coûts additionnels liés au respect des spécifications imposées.
Une autres analyse est en cours pour déterminer la valeur ajoutée pour ces producteurs. Elle devrait être disponible l’année prochaine.

La France en tête

Les ventes d’IG ont atteint 20,8 milliards d’euros en 2010 dans le cas de la France (dont 15,7 milliards pour les vins, 3 milliards pour les produits agricoles et alimentaires et 2 milliards pour les spiritueux), 11,8 milliards dans le cas de l’Italie (vins 5,7 milliards, agroalimentaire 6 milliards, spiritueux 134 millions), 5,7 milliards dans le cas de l’Allemagne (vins 2,3 milliards, agroalimentaire 3,4 milliards, spiritueux 76 millions), 5,5 milliards dans le cas du Royaume-Uni (vins 13 millions, agroalimentaire 1 milliard, spiritueux 4,4 milliards), 4,6 milliards dans le cas de l’Espagne (vins 3,5 milliards, agroalimentaire 869 millions, spiritueux 207 millions). 14 % des AOP et IGP de l’UE ne sont pas produites.

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