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Négociations agricoles de l’OMC Les importateurs demandent une exception pour les produits « sensibles »

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A quelques jours de la session ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui tentera du 14 au 16 juillet à Genève de trouver un accord intérimaire sur les modalités agricoles du cycle de négociation de Doha, les dix pays importateurs nets agricoles du G10 ont insisté pour que les pourparlers en cours leur permettent de continuer à protéger certains produits « sensibles ». Les ministres des cinq puissances agricoles du « Non-groupe des 5 » ou NG5 (UE, Etats-Unis, Brésil, Inde et Australie) devaient pour leur part se retrouver le 10 juillet à Paris pour tenter de débloquer les négociations .

Lors d’une réunion à Genève le 5 juillet, les ministres de l’Agriculture du G10 (Bulgarie, Corée du Sud, Islande, Israël, Japon, Liechtenstein, Ile Maurice, Norvège, Suisse et Taïwan) ont affirmé être prêts à envisager une formule progressive de baisse des droits de douane appliqués aux produits agricoles (baisse plus forte pour les tarifs douaniers les plus élevés), à condition que les produits « sensibles » fassent l’objet d’exceptions à la règle.

Dans un communiqué publié à l’issue de leur réunion, les ministres demandent que dans le cadre des négociations de l’OMC, chaque pays soit autorisé à définir un pourcentage de produits auxquels serait appliquée une réduction « suffisamment souple » des droits de douane.

Le Japon, par exemple, considère comme sensible sa production de riz et taxe à plus de 500 % les importations de ce produit.

Interrogés lors d’une conférence de presse sur la proportion de produits agricoles qu’ils considèrent comme « sensibles », les ministres ont répondu qu’ils représentaient en général un tiers des importations. Le ministre sud-coréen de l’agriculture, Huh Sang-Man, a précisé qu’il s’agit pour son pays d’une centaine de produits.

« Nous avons fait des gestes supplémentaires », a estimé quant à lui le ministre suisse de l’économie, Joseph Deiss, qui préside le G10. « Nous attendons des gestes de la part des autres parties ». M. Deiss a ajouté que les membres du G10 étaient prêts à discuter de l’octroi de contingents tarifaires d’importation « au cas par cas ».

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« Il faut que le G10 soit inclus le plus rapidement possible pour éviter que les positions qui sortiront d’autres groupes comme le NG5 ignorent celles du G10», a-t-il souligné, affirmant qu’« il n’y aura pas d’accord sans le G10 ».

Optimisme affiché à l’approche de la réunion ministérielle

En visite à Berlin les 4 et 5 juillet, le directeur général de l’OMC, Supachai Panitchpakdi, a fait part de son « optimisme prudent » de voir les 147 pays membres de l’OMC « parvenir à un accord en juillet » sur les modalités de négociations du cycle de Doha. Un tel compromis est considéré comme indispensable pour boucler un accord précis et chiffré sur l’ensemble du cycle dans le délai imparti, c’est-à-dire avant la fin de cette année.

« J’aimerais appeler tous les pays à chercher des compromis», a-t-il déclaré à l’issue de ses rencontres avec plusieurs membres du gouvernement allemand, il s’agit d’un « conseil en général ». M. Panitchkadi a complimenté au passage l’UE pour la position souple qu’elle a adoptée au printemps dernier en acceptant de mettre sur la table ses subventions agricoles à l’exportation.

La ministre allemande de l’agriculture, Renate Künast, a indiqué pour sa part avoir « confiance de voir bientôt à portée de main un consensus de base sur les questions de l’agriculture, des biens industriels, des spécificités des pays du tiers-monde», à l’issue de sa rencontre avec le directeur général de l’OMC.

« L’UE a ouvert la porte pour que ce cycle de négociations soit couronné de succès, grâce à une profonde réforme de sa politique agricole. Maintenant il s’agit pour les autres partenaires commerciaux de se montrer prêts à des compromis », a-t-elle indiqué.