La filière de la volaille de chair s’inquiète de l’envolée des prix de l’alimentation animale, et de la reprise des importations de produits à bas coûts. Elle lance un appel aux candidats à l’élection présidentielle.
↵
Les importations de volailles sont reparties à la hausse en 2021
La filière de la volaille de chair s’inquiète de l’envolée des prix de l’alimentation animale, et de la reprise des importations de produits à bas coûts. Elle lance un appel aux candidats à l’élection présidentielle.
L’interprofession de la volaille de chair, Anvol, a indiqué le 22 février que les importations de volailles étaient reparties à la hausse en 2021 en France, atteignant 38 % des volailles consommées, contre 34 % en 2020. Les volailles en provenance de Pologne profitent tout particulièrement de ce dynamisme retrouvé des importations, avec des pics pouvant aller jusqu’à +40 % certains mois de 2020, en comparaison avec l’année précédente. Le poulet, principale volaille consommée (75,8 % des volumes consommés), est particulièrement touché par cette situation, puisque les importations représentent désormais 45 % des volumes consommés, en hausse de 18,2 % par rapport à 2020.
La hausse des importations survient dans un contexte de reprise de la consommation (+1,9 % en 2021 par rapport à 2020), après une année 2020 atypique marquée par les confinements, entraînant une hausse de la consommation à domicile, et la fermeture de la restauration, qui a moins acheté de volailles. Or, dans ce dernier secteur, la part des importations est particulièrement élevée.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Bonne performance de la consommation à domicile
Les Français consomment toujours plus de volailles à domicile – les ventes en GMS sont en hausse de 2,6 % en 2021, comparé à 2019 (année « normale ») –, surtout du poulet en hausse de 10,7 %. Les élaborés connaissent une progression particulièrement soutenue.
Cette hausse de la consommation ne profite pas à la production française qui recule de 1,8 % en 2021 par rapport à 2020. À côté du poulet en hausse de 0,9 %, les dindes, canards à rôtir et pintades reculent de 7 à 8 %.
La hausse constante des importations (elles n’étaient que de 25 % en 2000) s’explique par la compétitivité prix des produits importés, en dépit de la préférence affichée des consommateurs pour les volailles françaises lors des enquêtes d’opinion. La recrudescence des importations n’est pas la seule menace pour la filière. Selon Anvol, la flambée des coûts de production (hausse de l’indice Itavi de l’alimentation des poulets supérieurs de 43,5 % en janvier 2022, par rapport à la moyenne de 2019) est un vecteur de fragilisation de l’élevage en France. L’interprofession a donc décidé d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle, en préconisant douze mesures, parmi lesquelles la généralisation de l’indication de l’origine des volailles en RHD (extension aux viandes transformées et élaborées) et l’exception alimentaire dans les règles de la commande publique.