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Céréales Les incidents climatiques attisent les craintes des marchés

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Sécheresse en Europe du nord et en Chine, pluies excessives en Amérique du nord : la multiplication de incidents climatiques attise les craintes des marchés céréaliers, même si le département américain de l’agriculture (USDA) tablait encore le 11 mai sur une hausse de la production mondiale de blé et de maïs cette année.

Les dernières prévisions de production dans l’UE établies en mars (285,8 millions de tonnes selon les services agricoles de la Commission européenne, 284,7 Mt selon le commerce (Coceral) et 282,2 Mt selon le Copa) et en avril (287,3 Mt selon le négociant Toepfer) ne tiennent que très partiellement compte de la chaleur et de la sécheresse inhabituelles ayant prévalu ces deux derniers mois dans le nord et le centre de l’Europe. La sécheresse est une source de préoccupation pour les cultures d’hiver, le cycle végétatif des cultures ayant pris une avance de deux semaines dans le nord de la France et de l’Allemagne, au Benelux et en Angleterre. « Chaque jour qui passe sans pluie risque d’affecter sensiblement les rendements, expliquent les spécialistes. Dix-sept départements français étaient concernés le 12 mai par des mesures de restriction d’eau. Dans les campagnes, les éleveurs se voient contraints d’entamer les réserves de fourrage, normalement utilisées à l’automne, pour nourrir les bêtes, afin de pallier le manque d’herbe dans les pâturages. Quant aux agriculteurs allemands, ils s’attendent à une récolte « seulement moyenne », selon la Fédération des agriculteurs (DBV), après celle de 2010 déjà réduite et dégradée par les pluies au moment des moissons. En Russie et partiellement en Ukraine, c’est le temps froid et humide qui affecte le bon déroulement des cultures de printemps. En Sicile, en Andalousie ainsi que dans les pays du Maghreb, en revanche, les conditions exceptionnellement humides ayant prévalu ces deux derniers mois devraient avoir un impact positif sur le niveau des récoltes.
Aux Etats-Unis, la sécheresse installée durablement dans le sud du pays provoque des dégâts importants dans les blés d’hiver. Au 8 mai, 42% étaient de qualité qualifiée de « pauvre » à « très pauvre » contre 8 % l’an dernier à la même période. Plus au nord, ce sont les pluies incessantes qui retardent les semis de blés de printemps et ceux de maïs. Début mai, 22 % des blés de printemps et 40% des maïs avaient été semés contre respectivement 65 % et 80 % l’an dernier. Au Canada, des inondations perturbent les travaux d’ensemencement et 3% seulement des semis de blé ont pu être effectués, contre 38 % en moyenne à la même époque. D’autres grands bassins de production sont également touchés par la sécheresse. En Chine, le déficit pluviométrique affecte le pays depuis octobre, particulièrement les grands provinces du Nord ensemencées en blé, ce qui pousse certains analystes à afficher des estimations de production pessimistes au-dessous de 100 millions de tonnes contre 115,5 Mt prévu par l’USDA. En Amérique du Sud, enfin,la récolte de maïs se déroule de manière plutôt satisfaisante mais les rendements en Argentine sont inégaux en raison des dégâts causés par l’arrivée précoce de la sécheresse.

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