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Filière laitière Les industriels acceptent d’appliquer l’accord de 2009 sur le prix du lait

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Moyennant une forte pression du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, une menace de nouveaux blocages de laiteries mais surtout l’engagement de réintégrer un indice sur l’écart entre prix français et allemands, les industriels du lait ont accepté d’appliquer l’accord de juin 2009. L’orientation pour une hausse des prix du lait située entre 5,7% et 12% va être officiellement indiquée aux interprofessions régionales.

Le nouveau conflit entre les laiteries et les éleveurs sur le prix du lait à la production n’aura pas duré trop longtemps. Le 30 mars, en présence du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, les trois fédérations d’éleveurs (FNPL), d’industriels (Fnil) et de coopératives (FNCL) sont tombées d’accord. L’interprofession nationale laitière va donc donner très officiellement une orientation aux régions pour une hausse située entre 5,7% et 12% du prix du lait payé aux éleveurs. Une hausse qui s’appliquera sur le deuxième trimestre comparé au même trimestre de 2009.
Qu’est-ce qui a fait fléchir les industriels, jusque-là opposés à cette hausse ? La garantie d’intégrer dans le cocktail définissant le prix du lait, à compter du 1er juillet, un indicateur représentant l’écart entre prix français et prix allemands, actuellement plus faibles. Une demande exprimée de longue date par les entreprises, exigée notamment du premier groupe laitier français, Lactalis.

Chacun un indice
Les éleveurs, eux, ont obtenu qu’un indicateur sur leurs coûts de production soit également prévu. Là encore, il s’agissait d’une demande récurrente de la part des éleveurs. Enfin, les coopératives obtenaient leur indice sous la forme d’un indicateur des prix du beurre et de la poudre de lait. Des produits industriels souvent peu valorisés sur lesquels les coopératives sont particulièrement présentes. Ces trois indices devront être finalisés d’ici fin mai et appliqués au 1er juillet pour le troisième trimestre.
La partie n’est donc pas complètement réglée. D’ici fin mai, date butoir voulue pour ces discussions, les trois branches de l’interprofession devront tenter de se mettre d’accord sur une solution technique, ce qui ne sera pas facile.

Lactalis réservé
Sur le long terme, les industriels auront en tout cas obtenu gain de cause moyennant une concession sur le trimestre à venir. Le prix du lait en France devrait être durablement accroché à celui des éleveurs allemands. Pour l’instant, ce prix outre-Rhin est nettement plus faible que le prix payé aux éleveurs français. Rien ne permet de préjuger de ce qui se passera le jour où les prix allemands repasseront au-dessus de ceux de l’Hexagone. Cela s’est vu il n’y a pas si longtemps. C’est d’ailleurs à cette époque que la référence aux écarts de prix a disparu du calcul de l’interprofession. Rien ne dit enfin de quelle manière l’indicateur des coûts de production sera inclus dans le calcul. Des discussions difficiles auront sans doute lieu. L’accord obtenu le 30 mars a d’ailleurs déjà quelques coups de canifs : cité par le quotidien Les Échos, Luc Morelon, porte-parole du groupe Lactalis, affirmait que « nous respecterons l’accord en avril. Ensuite, on verra… »

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