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Unifa Les industriels de la fertilisation veulent relever le défi de la durabilité

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A l’occasion de la 4e journée de la fertilisation organisée à Paris le 7 avril par l’Union des industries de la fertilisation (Unifa), son président, Joël Morlet, qui est aussi directeur général de Yara France, a fait le point sur les enjeux qu’auront à relever les producteurs d’engrais dans les prochaines années. Entre nécessité de produire davantage et développement durable, des mesures du bilan carbone des productions d’engrais sont en cours afin de réduire à terme l’impact des activités agricoles sur l’environnement.

«L’Unifa compte 43 adhérents, qui ont atteint un chiffre d’affaires de 2,833Mds€ en 2010, en hausse de 22,6% par rapport à 2009, soutenu par des progressions de volumes et de prix », a indiqué le président de l’Unifa, Joël Morlet, le 7 avril lors de la 4e journée de la fertilisation à Paris. Il a ensuite expliqué que le marché devrait continuer à progresser, à en croire l’augmentation nécessaire de la production agricole mondiale, plus 70% d’ici à 2050, du remplacement des énergies fossiles et de l’essor de la chimie verte. Cependant, Joël Morlet a insisté sur le rôle qu’auront à jouer les industriels de la fertilisation dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) en agriculture.

Des besoins alimentaires européens dépendants de l’extérieur
« L’Union européenne à 27 a importé pour 45,5Mds$ de produits agricoles en 2008, ce qui représente, en prenant en compte une productivité relativement faible, 34,9Mha de terres arables occupées hors des frontières de l’Europe », a montré Alexandru Marchis, coordinateur de l’équipe politique d’Opera, un think-tank basé à Bruxelles s’interrogeant sur les orientations de la future Pac. Selon lui, la politique européenne en matière d’agriculture devra permettre de produire d’avantage, tout en promouvant des normes de productions. « Une hausse de 0,3% par an de la productivité agricole européenne permettrait de réduire de 5,3Mha la dépendance de l’UE à 27 aux terres arables extérieures d’ici à 2050 », a indiqué Alexandru Marchis. Selon lui, il est nécessaire que la future Pac soutienne la productivité agricole, sans trop de contraintes, et qu’elle assure une stabilité des prix afin d’atteindre ces objectifs. Cependant, il faut tenir compte des objectifs de réduction d’émissions de GES assigné par l’UE au secteur agricole, qui sont de 36% d’ici à 2030 et de 42% pour 2050.

Pratique du bilan carbone chez les adhérents de l’Unifa
« Une très forte augmentation de la population mondiale, plus 40% d’ici à 2050 (FAO), associée à une faible augmentation des terres arables, plus 7% (FAO), placent l’industrie des engrais comme une des solutions dans la résolution des défis de l’agriculture du XXIe siècle », a indiqué Pierre Cazeneuve de GCL Développement Durable (GCLDD), assurant la gestion du projet Carbone de l’Unifa. Selon lui, « l’agriculture contribue actuellement pour 21% aux émissions de CO2 en France, dont 50% sont liées aux activités de fertilisation ». Le représentant de GCLDD, finalisant huit bilans carbone pilotes sur des sites de production et deux sur des activités de services pour l’Unifa, a expliqué que « la fertilisation émet beaucoup de CO2 de la mine, ou l’usine, aux champs, ou au retraitement des déchets ». Ainsi, « l’Unifa a volontairement choisi de développer de façon collective un outil permettant à ses membres de quantifier leurs empreintes carbone », a expliqué Pierre Cazeneuve. Enfin, les intervenants ont cependant mis en garde sur la mise en place en Europe de normes de production d’engrais trop contraignantes. En effet, selon eux des pays où les contraintes sont moindres, comme la Russie ou l’Ukraine, pourraient dans ce cas s’emparer du marché, alors que leurs usines sont actuellement parmi les moins performantes au niveau environnemental.

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