Les difficultés rencontrées par les acteurs de la filière animale annoncent une nouvelle dégradation de la situation financière des entreprises du Snia, Syndicat national des industriels de la nutrition animale, pour 2003. c'est ce qui ressort de l'assemblée générale du Snia réunie le 4 juin. Selon ses membres, les nouvelles contraintes et réglementations, relevant du niveau de sécurité alimentaire que se sont fixées la France et l’Europe, pèsent sur la compétitivité de la filière et la maintiennent dans une situation particulièrement fragile.
Un tableau plutôt sombre de la situation économique des professionnels de la nutrition animale a été dressé au cours de l’assemblée générale du 4 juin 2004 à Clermont-Ferrand. En 2003, la production française globale d’aliments composés pour animaux de rente a enregistré une baisse de 1,5% par rapport à 2002, elle-même en recul de 2,4% par rapport à 2001. La contraction de l’activité a été très marquée en volailles (-4%), ce secteur enregistrant une baisse pour la 3 e année consécutive. La production d’aliments porcs recule de 2,2% après avoir baissé de près d’1% en 2002. En bovin, la progression globale de plus de 5% masque deux parties d’exercices bien distinctes : un premier semestre en régression de 5%, suivi d’un second semestre, effet sécheresse aidant, en forte progression (+15%). Les données portant sur 2002 enregistrent une dégradation des comptes de résultats et une érosion de l’ensemble des ratios financiers : baisse de 7% de l’EBE (excédent brut d’exploitation), de 14% du résultat d’exploitation et de 8% du résultat net. La capacité d’autofinancement chute de plus de 11% en valeur. Le taux d’investissement se dégrade fortement. Les indicateurs de trésorerie sont orientés négativement. En 2003, on peut craindre une nouvelle dégradation de la situation financière des entreprises. En effet, outre la nouvelle contraction des volumes de production, la hausse des matières premières enregistrées sur le second semestre n’a pu être en intégralité répercutée sur les prix de vente des aliments d’où une diminution prévisible de la marge brute, une dégradation de l’EBE, du résultat d’exploitation et du résultat net prévisible. De plus, les difficultés rencontrées par les éleveurs ont pour conséquence d’accroître les crédits clients et de fragiliser davantage la trésorerie des entreprises.
L'harmonisation nécessaire des normes réglementaires
L’année écoulée a vu apparaître de nombreuses difficultés et contraintes. Dans le cadre des échanges internationaux, les réglementations applicables aux productions “intermédiaires” comme les aliments pour animaux, sont sans effet sur les denrées alimentaires importées. Le syndicat regrette que “les entreprises soient pénalisées par l’importation de produits ne répondant pas aux réglementations applicables sur le territoire national.” L’Europe a fait le choix d’un haut niveau de sécurité alimentaire. Les industries de l’alimentation animale ne remettent pas ce choix en cause mais demandent une simplification des normes réglementaires. “Dans une Europe élargie, il est impératif d’arriver à une harmonisation complète des contraintes, de leur application et de leur contrôle. Il lui faut également valoriser ce niveau de sécurité alimentaire par l’application de ses propres normes dans les échanges avec les pays tiers, ” déclare le Snia.
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Le conseil d’administration avait, la veille, procédé au renouvellement de son bureau. Adolphe Thomas, directeur général de la société Prisma (Morbihan), succède à Alain Decrop au poste de président, celui-ci n’ayant pas souhaité le renouvellement de son mandat. Les autres membres du bureau ont été reconduits dans leur fonction.