C’est sur les comptes de 2006 que les industriels de la volaille ressentiront les vrais effets de la grippe aviaire. C’est ce qui ressort des résultats que, les uns après les autres, les principaux transformateurs affichent. C’est donc en faisant les comptes de la fin d’année que les entreprises risquent de vouloir prendre des mesures de restructuration qui pourraient se répercuter sur la production de volailles.
Ils ont limité les dégâts en 2005 mais ce ne sera sans doute pas le cas en 2006. Les industriels de la volaille, en annonçant leurs résultats, laissent pour la plupart entendre que 2006 sera vraiment l’année noire. Exemple, le numéro deux du secteur, Doux qui a rendu publics ses résultats pour 2005 et ses perspectives pour 2006. L’an dernier, ses résultats financiers sont même devenus positifs de 9 millions d’euros contre un déficit de 7 milllions l’année précédente. Le chiffre d’affaires augmentait en 2005 de manière sensible, à 1,33 milliard d’euros. Le groupe établi en France et au Brésil semble sorti de sa période noire, s’étant désendetté et ayant même renégocié sa dette auprès des banques.
Même les produits élaborés trinquent
Moy Park, un industriel très spécialisé dans les produits élaborés, avec deux usines dans le nord de la France, a lui aussi profité d’un chiffre d’affaires en légère hausse en 2005 (118 millions d’euros contre 114 millions en 2004). Les autres groupes avicoles semblent avoir connu la même situation : le CA de LDC est passé de 1,54 milliard d’euros à 1,75 en 2005 ; celui d’Arrivé est passé à 381 millions contre 367 millions l’année précédente ; Unicopa a vu l’activité de sa branche volaille progresser aussi, de 297 milllions d’euros à 320 millions. Seul Gastronome, branche volaillle du groupe Terrena a, parmi les ténors du secteur, connu une franche baisse de CA : de 771 milllions d’euros à 749 millions.
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Surcapacités
L’année 2006 devrait, en revanche, être celle des pots cassés. Doux a annoncé que ses ventes de 2006, prévues en principe à près de 1,4 milliard d’euros, s’afficheront en fait à 150 millions de moins. Son résultat, prévu à 15 millions, devrait descendre à 5 millions. L’entreprise a bien réduit ses stocks, saturé des usines de produits élaborés, elle n’en reste pas moins fragile. Guy Odri, le DG du groupe affirmait, le 28 juin, que Doux comptait encore des établissements en surcapacité, notamment les usines dédiées aux produits frais. Sans rien annnoncer, il n’excluait donc pas des ajustements.
Moy Park lui aussi, en dépit d’une activité très tournée vers les produits élaborés, devrait souffrir en 2006. La baisse de chiffre d’affaires a été de 18% sur le premier semestre, affirme son directeur pour la France, Philippe Chatelier. Le deuxième semestre, si une nouvelle psychose à la grippe aviaire est évitée, devrait être meilleur. Mais d’ores et déjà, l’année 2006 s’annonce mauvaise. L’industriel n’en a pas moins programmé des investissements sur ses sites industriels, de 7 millions d’euros pour 2006 et 8 millions pour 2007. Une part d’entre eux a pour objectif le développement des produits à base de porc qui représentent environ 10 % des approvisionnements de l’entreprise en France. En volailles, Moy Park achète pour 30 % à des producteurs français, le reste se répartissant entre des Européens et des producteurs brésiliens (10-13 %).