Après la publication du décret sur l’étiquetage obligatoire de l’origine de la viande, les industriels commencent à chiffrer le coût de l’expérimentation et témoignent des difficultés d’organisation pour être en règle le 1er janvier 2017. Le taux de viande dans un plat déclenchant l’obligation d’étiquetage n’est pas encore connu.
Alors que le décret sur l’indication de l’origine des viandes utilisées en tant qu’ingrédient a été publié le 19 août, les industriels de la conserve, du frais et du surgelé dénoncent des nouvelles obligations qui vont avoir un impact négatif sur leur activité. « Nous avons chiffré le coût de la nouvelle réglementation à plusieurs dizaines de millions d’euros », souligne Vincent Truelle, le DG de l’Adepale. Findus France, par exemple, estime qu’environ quinze références seraient concernées sur les cent cinquante du catalogue, mais sans plus de précisions dans l’attente des instructions définitives. « Les étiquettes ont déjà été entièrement refaites pour se conformer au règlement Inco (étiquetage nutritionnel, NDLR), et maintenant, on nous demande de recommencer pour l’expérimentation », peste encore Vincent Truelle. Certains industriels ont déjà reçu leurs emballages, mais ils ne pourront pas être utilisés avec le changement de réglementation. Les surcoûts vont aussi venir du passage à l’approvisionnement à 100 % en viande d’origine française induit par la difficulté de modifier les emballages pour chaque lot en fonction de l’origine de la viande. Sans compter les salariés dont le temps de travail va être consacré à ces nouvelles tâches.
Les délais imposés sont très courts : dans trois mois et demi, l’expérimentation entre en vigueur (pour une durée de deux ans), et le 31 mars 2017, il ne sera plus possible de vendre des produits à l’étiquetage non conforme aux nouvelles règles. Selon l’Adepale, cela pose un problème pour des familles entières de produits. C’est le cas par exemple des légumes farcis surgelés confectionnés en été à partir de produits frais (récoltés en été) et qui restent habituellement en rayons jusqu’à l’été suivant.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Les industriels dénoncent aussi l’absence d’information précise quant au pourcentage de viande dans un plat à partir duquel l’obligation d’étiquetage de l’origine sera déclenchée. Ce point doit faire l’objet d’un arrêté prévu d’ici la fin septembre. Le décret indique que ce seuil sera obligatoirement inférieur à 50 %. Les industriels, consultés par le ministère au cours de l’été, demandent que seuls les produits ayant plus de 25 % de viande soient concernés.