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Riz/Hausse des prix Les industriels français du riz s’alarment de la hausse des prix des matières premières

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Alors que la flambée des prix des matières premières agricoles est au cœur de toutes les préoccupations, le riz semblait faire exception, paraissant épargné par la hausse que peuvent connaître les autres céréales ou les oléagineux. Cette image est trompeuse, met en garde le Syndicat de la rizerie française, la situation en Europe et notamment en France étant largement différente du reste du monde.

Les mauvaises conditions climatiques dans la « corn belt » américaine ou en Russie ont avivé toutes les craintes pour une pénurie des grandes céréales et une nouvelle flambée des prix. La production mondiale de riz blanchi devant atteindre 485 millions de tonnes et profiter d’un stock de report de 164 millions, pouvait sembler rassurant. C’est oublier, note le Syndicat que ce stock de report compensera certainement le manque de céréales dans les pays d’Asie, mais ne correspond pas aux riz consommés en Europe pour lesquelles la situation est totalement différente. En effet, les Français consomment principalement du riz étuvé (40%), du riz Basmati (35%) et du riz parfumé dont le prix est fortement en hausse (hausse minimale estimée à 25%) par rapport à l’année 2011.
 
Baisse des surfaces, effets de change et coût de transport
Le riz étuvé le plus demandé principalement produit en Italie (riz indica) a vu ses surfaces dans la péninsule diminuer de 20%. La tendance est identique dans le reste des pays producteurs européens, les surfaces reculant au profit de la culture du maïs, plus rentable, l’augmentation des rendements 2012, supérieurs à la moyenne des années antérieures, ne permettant pas de contrebalancer la baisse des emblavements. De même, en Inde, premier pays producteur de basmati, les surfaces plantées ont été réduites de 50% en 2012. De plus, les conditions climatiques de 2012 (mousson de faible intensité) augurent des rendements inférieurs au prévisionnel. En Thaïlande (dont le riz parfumé constitue à lui seul 10% de la consommation européenne), l’accumulation des stocks créés par le gouvernement thaïlandais (plus de 12 millions de tonnes à ce jour) crée une rareté de l’offre et mécaniquement une augmentation du prix.
 
Une hausse de 25% des prix des matières premières
À cela s’ajoute une dépréciation de l’euro face au dollar de 10% entre septembre 2011 et septembre 2012, entraînant une augmentation mécanique de même ordre du prix du riz « matière première » importé. Enfin, les coûts de transport de l’Asie vers l’Europe ont augmenté de 50% et cela ajoute également 5% au prix du riz « matière première » importé. Au global, le SRF qui regroupe 11 entreprises industrielles en France métropolitaine et dans les départements et territoires d’outre-mer qui transforment et conditionnent 200 000 tonnes de riz par an et pèsent 160 millions de chiffre d’affaires, estime que cette situation entraîne une augmentation significative des matières premières agricoles, de 25% au minimum pour la fourniture du marché français du riz. 

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