Seuls des fonds d’investissement seraient sur les rangs pour la reprise du pôle boisson Europe de Cadbury, selon la presse économique. Cette branche du britannique, valorisée à 1,7 milliard d’euros, enregistre grâce à ses sodas (Orangina, Oasis, Schweppes…) un chiffre d’affaires de 953 millions. Orangina, figure de proue du pôle, n’intéresserait pas les industriels du secteur. Cadbury a échoué à redresser les ventes des petites bouteilles rondes qui étaient pourtant le produit phare de la branche sans alcool de Pernod Ricard avant son rachat en 2001. Les stratégies de développement se tournent aujourd’hui davantage vers les eaux minérales.
Grandeur et décadence pour Orangina. La branche boisson Europe du britannique Cadbury Schweppes, et avec elle la célèbre bouteille jaune ventrue, devrait tomber dans l’escarcelle d’un fond d’investissement avant la fin de l’année. Prenant à rebrousse-poil les pronostics qui avaient cours depuis l’annonce de cette cession, différents titres de presse ont annoncé la perte d’appétit des industriels du secteur. Le Figaro du 10 octobre explique ainsi que sept fonds d’investissements auraient été retenus au cours d’un premier tour de table par la banque Goldman Sachs, mandatée l’été dernier pour céder ce pôle. Selon le quotidien, seuls les fonds Charterhouse, PAI Partners, Lion capital associé à Blackstone, Cinven, CVC Permira et peut-être Bain Capital seraient encore dans la course. Le journal Les Echos annonce pour sa part BC Partners, Permira, Cinven, Lion Capital et PAI comme possibles repreneurs. Les fonds américain Carlyle et KKR, pressentis dans un premier temps, auraient lâché prise. Les 953 millions de chiffre d’affaires de cette branche du britannique ne seraient en tout cas pas ou plus convoités par les géants de l’agroalimentaire, Danone ou Pepsico. Plus aucun industriel ne manifesterait d’intérêt pour cette branche valorisée 1,7 milliard d’euros, et qui regroupe outre Orangina, les marques Schweppes, Oasis, Gini, TriNa, La Casera ou encore Pampryl. Cadbury a précisé que le résultat de l’enchère serait connu assez rapidement, avant la fin de l’année, se refusant à tout commentaire concernant les candidats à la reprise.
Une boisson trop sucrée
Les sodas sucrés ne sont pas du goût des industriels en mal de développement sur la vieille Europe. Les nombreuses levées de boucliers contre l’apport calorique trop élevé des sodas a fini par calmer la soif d’Orangina des Pepsico ou autres Danone. « Actuellement, le segment porteur est celui des eaux minérales, remarque un analyste. Coca-Cola ou Pepsico orientent leur stratégie de développement dans cette direction. La tendance est plutôt au renforcement des “pôles eaux”». D’autant plus que si les sodas restent largement dominants sur le marché, le segment des boissons sucrées est en période de croissance faible. Et depuis son rachat par Cadbury en 2001, les résultats de l’ancien produit phare de Pernod Ricard fondent comme un glaçon dans un soda chaud. Dans les rayons des hypermarchés français, les ventes d’Orangina reculent de 8 % tandis que le marché global des boissons sans alcool grimpe de 15%.
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Une opération purement financière en vue
Des chiffres qui montrent l’échec du britannique à relancer la marque, qui bénéficiait pourtant d’une grande notoriété grâce à ses nombreuses campagnes publicitaires originales. « Le grand défi pour Orangina est toujours de faire son entrée sur le marché de Etats-Unis », analyse un observateur. Coca-Cola aurait la force de frappe nécessaire pour réaliser un tel développement, mais sa position dominante poserait des problèmes de concurrence. « Danone n’a pas le réseau adéquat, à l’inverse de Pepsico ». Le géant américain des sodas restera de toute façon très vigilant, ses boissons étant distribuées dans les cafés, hôtels et restaurants par le réseau d’Orangina.
Cette mauvaise santé ne donne guère envie aux industriels de s’encombrer avec une boisson à redresser. Cadbury lui-même explique cette cession par « une revue stratégique de sa division boissons en Europe et une décision de concentrer ses ressources humaines et financières sur la confiserie et les autres divisions boissons, qui ont un plus grand potentiel de croissance. » Pour le britannique, cette vente est une rentrée de cash qui va lui permettre de réduire son endettement et de financer le développement de Dr Pepper, sa boisson phare aux Etats-Unis. Pour les fonds d’investissements, une opération purement financière, qui pourrait s’avérer très profitable, se profile à l’horizon. Il suffit qu’une nouvelle direction fasse les bons choix et secoue Orangina pour que les investisseurs encaissent une plus-value au moment opportun.