L'Association française des fabricants de produits de biocontrôle (IBMA France) annonce viser 15 % de parts de marché sur le segment de la protection des plantes en 2018 et attendre, à cette fin, des « mesures concrètes » lors d'une réunion sous l'égide de Stéphane Le Foll, fixée initialement le 13 mars.
« Notre feuille de route pour les trois ans à venir est ambitieuse », a reconnu le président Jean-Pierre Princen à l'occasion de son assemblée générale le 14 février. « Il s'agit d'atteindre 15 % de parts de marché pour les produits de biocontrôle en 2018, contre à peine 5 % aujourd'hui. » La priorité d'IBMA France est d'obtenir une procédure accélérée dans l'instruction des dossiers d'homologation, avec comme autres chantiers la formation à l'emploi des produits et la communication. « On voudrait des mesures concrètes à l'issue de la réunion prévue par Stéphane Le Foll », a déclaré en conférence de presse le secrétaire général Charles Vaury. Tous les fabricants du biocontrôle et acteurs du plan Ecophyto y sont conviés, afin de réfléchir aux moyens de mieux soutenir un secteur porteur. « C'est une étape clé pour notre industrie. Le premier point est d'accélérer la mise en marché des produits de biocontrôle. » IBMA France essaie de voir avec les ministères de l'Agriculture, de l'Ecologie et la Commission européenne comment les dossiers de demande d'autorisation peuvent être traités en priorité, devant les produits agrochimiques.
Développement dans les grandes culturesLe secteur affiche une croissance en France de 15 à 20 % par an, d'après IBMA, avec notamment une forte présence en cultures sous abris et arboriculture, un « très bon démarrage » en viticulture. Il pèse quelque 150 millions d'euros facturés aux agriculteurs. « Les grandes cultures représentent un axe majeur de développement », a souligné Jean-Pierre Princen. Pour inciter les agriculteurs, IBMA France propose d'instaurer une « fiscalité verte » fondée sur la redevance pour pollutions diffuses. « L'idée est de récompenser les acheteurs et distributeurs de produits respectueux de l'environnement », a expliqué Jean-Pierre Princen.
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La loi d'avenir de l'agriculture, actuellement en examen au Parlement, prévoit également un coup de pouce sur deux points : les produits de biocontrôle n'auront pas de restriction de publicité contrairement aux produits chimiques ; et les prestataires de service proposant ces solutions naturelles n'auront pas besoin d'agrément, a-t-on appris auprès du ministère de l'Agriculture.
Former à l'utilisation des produitsPour diffuser leur usage, IBMA France souhaite « former tous les acteurs du monde agricole », en s'appuyant que ses partenaires (distributeurs, techniciens de chambre d'agriculture, formateurs, enseignants, etc). « Les produits de biocontrôle sont innovants, tant sur leur forme que sur leur utilisation, explique l'association. Ils nécessitent une formation précise qui s'appuie sur les bases de l'observation agronomique. »