Ce n’était pas arrivé depuis longtemps, l’agroalimentaire est au menu du Conseil des ministres et a fait l’objet d’une communication du ministre de l’Agriculture le 29 octobre à l’Elysée. A la différence de ses prédécesseurs immédiats qui n’en avaient sans doute pas trouvé le temps, Michel Barnier tente de remettre l’industrie alimentaire au cœur des préoccupations gouvernementales puisqu’il a obtenu de lui consacrer une partie de l’ordre du jour du Conseil des ministres pour un état de lieux et la confirmation des six axes de la politique de son département en faveur de ce « secteur stratégique pour l’économie française ». Le ministre de l’Agriculture chiffre, sans autre précision, l’effort budgétaire correspondant « à 200 M EUR », ce qui traduit sans doute un maintien des lignes existantes malgré les restrictions actuelles. Le point nouveau, en revanche, lié à l’actualité de la crise du crédit, est la promesse de garanties de 1 Md EUR pour les financements des PME, suite au plan d’urgence de 22 Mds ouverts par Hervé Novelli, le collègue de Michel Barnier en charge des PME, de l’artisanat et du commerce. L’ambition serait aussi que le futur Fonds stratégique d’investissement français voulu par le président de la République ait « le réflexe agroalimentaire » dans ses choix futurs de prises de participation. Pour ce faire, un Observatoire économique serait nécessaire au sein du ministère pour orienter au mieux les investissements de ce nouveau fonds public.
Huit jours après avoir arpenté quelques allées du SIAL pour mesurer l’état de santé – et d’inquiétude – des industriels, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, présente cette semaine une communication en Conseil des ministres portant sur « l’accompagnement et le soutien des industries agroalimentaires ».
« Avec un excédent commercial de 9 milliards d’euros en 2007, les industries agroalimentaires représentent un secteur stratégique de l’économie française », explique dans un communiqué son ministère qu’il a rebaptisé à l’occasion du Sial … « le ministère de votre alimentation ».
Premier secteur industriel avec 11 500 entreprises (dont 3 200 de plus de 20 salariés) et un total de 420 000 emplois directs, l’industrie alimentaire doit, « face à la conjoncture économique, s’adapter pour répondre à de nombreux défis qui rendent nécessaire la mise en œuvre d’un véritable plan national d’action sectoriel ». Il s’agira, ajoute-t-on, d’alimenter avec ce plan d’actions la réflexion récemment initiée par la Commission européenne au travers du « groupe de haut niveau » créé par le commissaire Verheugen en charge des entreprises, de l’industrie et du marché intérieur, en vue du « renforcement de la compétitivité des industries agroalimentaires ». Ce groupe, on le sait Cf Agra alimentation n° 2037 du 16.10.08 p.15 et 2038 du 23.10.08 p.13 doit formuler des recommandations au printemps 2009.
Six axes d’action
Comme esquissé à l’issue des Assises de l’agriculture et en particulier lors du dernier CSO de cet été, les actions des pouvoirs publics en faveur des IAA reprennent pour l’essentiel les six axes de travail de l’ancien PNDIAA (Partenariat national des industries agroalimentaires), depuis le repérage des enjeux du secteur, le financement, le soutien à l’exportation, la recherche-développement-innovation, l’attractivité des métiers et l’assouplissement des normes. Sans compter le volet « alimentation-nutrition » dont le plan a été présenté le mois dernier par le directeur de la DGAL pour valoriser le modèle alimentaire français, mieux garantir la sécurité des produits importés, promouvoir la diversité alimentaire grâce aux signes de qualité et de l’origine, rendre plus accessibles les fruits et légumes, assurer une formation nutritionnelle en restauration collective et aider à une meilleure alimentation des personnes les plus démunies.
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Dans sa communication devant le collège gouvernemental, qui prépare, semble-t-il, prévu quelques décisions interministérielles qui seraient prises au cours d’un Conseil des ministres en décembre, Michel Barnier a voulu en fait mettre « l’accent sur le soutien aux investissements et l’accès aux financements, en particulier des PME, en encourageant la structuration des filières ». Le plan de soutien de 22 milliards d’euros pour le financement aux PME, l’exonération de taxe professionnelle pour les investissements réalisés jusqu’au 31 décembre 2009 « permettront d’accompagner ces entreprises », indique le ministère.
De plus, dans la continuité des années passées, un effort spécifique sera engagé d’une part sur la recherche-développement et l’innovation, et d’autre part sur les exportations avec notamment l’optimisation des dispositifs publics d’appui et le lancement de la marque ombrelle « France agroalimentaire » que le ministre a présentée lors de l’inauguration du Sial. Par ailleurs, l’amélioration des conditions de travail permettra de renforcer l’attractivité des métiers. Enfin, des outils de pilotage stratégique et d’accompagnement des mutations des filières seront mis en place en collaboration avec les professionnels.
Garantie et investissement pour 1 milliard sur 2009
Au total, le ministère évalue ces mesures à un engagement budgétaire « d’environ 200 millions d’euros et à la mobilisation de plus de 1 milliard d’euros en garantie de financement et en investissement au titre de l’année 2009 pour les seules entreprises de l’industrie alimentaire ».