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Intempéries Les inondations et crues dans l’Yonne ont surtout fragilisé l’élevage

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L’élevage a été particulièrement affecté par les inondations et les crues dans le département de l’Yonne, indique-t-on localement de source professionnelle. En cause : les dégâts sur les pâtures, qui ne sont pas couverts par les assurances, contrairement à ceux sur les cultures. Lesquelles ont subi des dommages qui restent à évaluer..

«Autant les cultures sont assurables, autant les assurances ne couvrent pas les dégâts sur l’herbe qui est sur pied », a souligné, le 7 mai, Francis Letellier, président de la FDSEA de l’Yonne. Les zones les plus touchées sont les vallées de l’Armançon et du Serein, deux affluents de l’Yonne, après de très fortes précipitations tombées en amont, en Côte-d’Or.
Dans l’Yonne, plusieurs dizaines d’éleveurs de ruminants voient leur première coupe d’herbe compromise, et devront attendre fin juin pour la suivante, a précisé le président de la FDSEA. Entretemps ils devront acheter des aliments composés.

Des pâtures sous la boue, des jeunes plantes en état d’anoxie

« Les pâtures n’étant pas assurables, nous allons essayer de les faire entrer dans le champ du régime des calamités. Nous préparons un dossier pour le préfet, pour recenser l’étendue des dégâts », a ajouté Francis Letellier. En l’occurrence, les pâtures ont été non seulement inondées par les crues, mais recouvertes de boue. Les assurances couvrent les dommages sur l’herbe coupée et stockée dans un hangar, mais pas l’herbe qui pousse.
Par ailleurs, l’état des cultures dans ces zones de l’Yonne ainsi qu’en Côte-d’Or est très incertain, note la chambre d’agriculture de Bourgogne. Des semis de maïs et de tournesol, à peine réalisés, devront être refaits, la jeune plante étant en état d’anoxie (asphyxie sous l’eau). Cependant, « il n’est pas trop tard pour ressemer. Et l’assurance finance le resemis », a précisé Francis Letellier. Les colzas, quant à eux, ont subi un stress en pleine floraison, période décisive pour les rendements et la qualité de la récolte, poursuit-on à la chambre d’agriculture de Bourgogne. Enfin, l’inondation des céréales à paille, qui ont une hauteur d’environ 30 cm actuellement, aura probablement des conséquences, encore incertaines pour l’instant.
L’excès de pluie en Côte-d’Or a entraîné des crues en aval, dans l’Yonne. En Côte-d’Or il est tombé, à la station de Dijon-Longvic, 60 mm de pluie les 26 et 27 avril, alors qu’il est tombé 58 mm en moyenne en avril de 1981 à 2010, selon Météo-France (1) ; et il est tombé 55 mm de pluie les 2 et 3 mai, alors que la moyenne des pluies en mai sur les trois décennies est de 86 mm.
Le président de la FNSEA, Xavier Beulin devait se rendre le vendredi 10 mai sur une exploitation de vaches latières, à proximité de Tonnerre.

(1) Lien : http://climat.meteofrance.com

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