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G20 Les institutions internationales se penchent sur l’agriculture mondiale

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Coordonnés par la FAO et l’OCDE, plusieurs organisations et instituts internationaux ont élaboré, à l’intention de la présidence mexicaine du G20, un rapport contenant dix recommandations pour une « croissance durable de la productivité agricole » et « combler le fossé pour les petites exploitations familiales ».

Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20, réunis à Cannes sous la présidence de la France, ont adopté le 4 novembre 2011 une déclaration marquant leur accord « pour investir davantage dans l’agriculture, notamment dans les pays les plus pauvres, et en tenant compte de l’importance des petits exploitants, au moyen d’investissements publics et privés responsables » (1). Dans ce cadre, ils ont décidé « d’investir dans la recherche et le développement en matière de productivité agricole ».
Sur cette base, la FAO et l’OCDE ainsi que plusieurs organisations et instituts ou groupements internationaux (2) ont élaboré, à l’intention de la présidence du G20, aujourd’hui assurée par le Mexique, un rapport intitulé Croissance durable de la productivité agricole et combler le fossé pour les petites exploitations familiales.
Une série de thèmes est analysée par le rapport : « le défi de la productivité durable » ; « bilan des actions en cours » ; « améliorer l’environnement politique pour une agriculture plus productive et durable » ; « l’amélioration des systèmes d’innovation agricole et l’adoption des innovations à une croissance durable de la productivité » ; « améliorer les systèmes d’innovation agricole pour générer des solutions innovantes » ; « combler le fossé pour les petites exploitations familiales ».

Investissements, innovation, éducation, gestion des risques
À partir de cette analyse, le rapport recommande aux gouvernements du G20 de :
– « s’engager à continuer à investir dans leurs propres activités destinées à accroître la productivité, en reconnaissant la spécificité du secteur des petites exploitations familiales ».
– « faire preuve de leadership dans les négociations multilatérales pour renforcer les disciplines internationales sur toutes les formes de restrictions à l’importation et à l’exportation, ainsi que sur les régimes de soutien interne qui faussent les incitations à la production et encouragent les investissements dans des modes de production agricole et une utilisation des ressources non durables ».
– soutenir, au niveau national, la mise en œuvre de politiques qui « reconnaissent l’importance de disposer d’institutions justes et efficaces pour l’exploitation et la gestion des ressources naturelles ».
– mettre au point « un ensemble complet et unique de lignes directrices, à la fois pour le pays hôte et les investisseurs, en soulignant les conditions générales (macro-économiques, structurelles et sectorielles) propres à attirer les investissements publics et privés dans le développement de l’agriculture durable ».
– « pousser et aider les organisations internationales compétentes à établir une plate-forme de connaissances mondiale plus large sur les meilleures pratiques dans le domaine des systèmes d’innovation agricole (englobant l’éducation à l’agriculture, les sciences et les technologies, le transfert de technologies) afin de faciliter l’échange d’expériences et d’alimenter le dialogue sur cette question entre les pays ».
– « s’engager à aider les pays en développement à établir et faire appliquer des régimes de droits de propriété intellectuelle compatibles avec les obligations internationales », en particulier l’accord sur les aspects des droits de propriété liés aux échanges et le traité international sur les ressources génétiques des plantes pour l’alimentation et l’agriculture.
– « aider les pays à renforcer les systèmes de contrôle et d’évaluation des programmes de subventions aux intrants » et à mettre en œuvre des formations spécifiques pour améliorer les connaissances des agriculteurs en matière d’utilisation ciblée et durable des intrants.
– « continuer à soutenir les mécanismes existants de gestion des risques » afin d’offrir aux petits exploitants des instruments « innovants et basés sur le marché ».
– « soutenir la mise en œuvre de programmes de sécurité sociale ciblés » qui permettent de « répondre aux besoins immédiats des petits exploitants et de leurs familles en nourriture et en nutrition ».
– « prôner l’intégration explicite de l’éducation agricole et de l’agriculture durable » dans les initiatives lancées par les organisations internationales pour développer le rôle des femmes en milieu rural.

(1) Voir n° 3324 du 14/11/11
(2) Biodiversity, CGIAR Consortium (Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale), IFAD (International Fund for Agricultural Development), IFPRI (International Food Policy Research Institute), IICA (Instituto Interamericano de Cooperacion para la Agricultura), Cnuced, Groupe de travail à haut niveau des Nations unies sur la sécurité alimentaire, Pam, Banque mondiale, OMC

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