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Piège à nitrate Les intercultures peu pratiquées en France

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Les bonnes conduites agricoles et environnementales (BCAE), dans le cadre de la réforme de la Pac, préconisent, en cas de monoculture, la couverture de sols en hiver. Pour l’heure, le service des statistiques du ministère de l’Agriculture (Scees) constate, dans une étude publiée en septembre 2004, que ces techniques culturales sont peu répandues, notamment pour le maïs.

Une étude du ministère de l’Agriculture souligne que les agriculteurs français ont très peu de pratiques culturales aptes à piéger les nitrates, malgré leur efficacité démontrée. Neuf mois s’écoulent en moyenne entre le semis d’un tournesol ou d’une betterave et la récolte de la culture précédente. Or, en 2001, respectivement pour ces deux cultures, 72 % et 54 % des parcelles restent en sol nu pendant cette période. Pour le maïs grain, 85 % des parcelles restent nues sur une période de 7 mois (maïs fourrage : 71 % des parcelles restent nues pendant 8 mois).

« Les cultures intermédiaires réduisent les fuites d’azote et le risque d’érosion, mais elles ne concernent, en 2001, que 3 % des cultures annuelles », précise le Scees. Ces plantes, pour l’essentiel de la moutarde, sont toutefois utilisées sur 21 % des surfaces de betterave et 18 % des pommes de terre. Elles touchent moins de 5 % des cultures de maïs, 4 % des surfaces en pois et seulement 1 % des surfaces de tournesol.

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Les repousses de blé souvent utilisées comme couvert végétal

La technique visant à laisser des repousses de culture précédente comme couvert végétal est davantage répandue. L’etude montre que les repousses couvrent près de 2 millions d’hectares (18 % des cultures annuelles) en 2001. Cette technique est très prisée quand le blé fait suite à du colza, ou que la betterave ou le pois font suite à une céréale à paille. Autre technique pratiquée en région d’élevage, l’implantation d’une culture dérobée avant le maïs. Ceci est constaté sur 6 % des surfaces de maïs.

Le non labour progresse régulièrement

Quant au non labour, il se développe doucement. En 2001, il concerne 44 % des surfaces de blé dur, 22 % pour le colza et 17 % des superficies de blé tendre. En revanche, il est très peu répandu en maïs grain (7 %) car la culture est inadaptée. La technique du semis direct sans labour est pratiquée sur la moitié des surfaces de blé tendre en Aquitaine et en Midi-Pyrénées pour limiter les phénomènes d’érosion. Elle rencontre aussi un franc succès dans les régions céréalières d’Ile-de-France et de Champagne-Ardenne, afin de réduire les coûts de production et de main-d’oeuvre (25 % des surfaces de blé).