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Fruits et légumes Les JA dénoncent des « pratiques abusives » des GMS

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Réagissant à l’enquête de l’Observatoire des prix et des marges sur les fruits et légumes, les Jeunes Agriculteurs dénoncent des « pratiques abusives des GMS (grandes et moyennes surfaces) » sur les fruits et légumes. Les marges brutes des GMS sont très variables, soit très basses, soit très élevées, mais souvent supérieures au prix de vente des producteurs.

Le lendemain de la publication d’une enquête de l’Observatoire des prix et des marges sur les fruits et légumes le 8 octobre, les Jeunes Agriculteurs ont dénoncé des « abus sur les fruits et légumes », pratiqués par les GMS. « Alors que cette filière est en crise, la grande distribution, elle, pratique le dumping ou des prix excessifs », indique l’organisation dans un communiqué du 9 octobre.

Un grand éventail de marges
L’observatoire note en effet que le taux de marge pratiqué par les GMS varie d’un taux négatif (dumping) à un taux de 60 %. Les JA citent des exemples de marge : de 0,5 à 1,5 euro/kg pour la pomme (payée 0,75 euro au producteur) ; de 0,25 euro à 1,50 euro/kg pour le chou-fleur (payé un euro en moyenne au producteur). Cette grande variation des marges est probablement due à des stratégies différentes selon les enseignes et selon les magasins, interprète-t-on au siège du syndicat. Ce dernier demande que l’Observatoire établisse des commentaires, pour éviter que chaque organisation fasse les siens de manière partielle. « Des résultats chiffrés, c’est un début, mais JA attend plus des pouvoirs publics. Il faut des sanctions, et ne pas se contenter de constats ! L’État doit encadrer les marges pour parvenir à un partage équitable entre les différents acteurs de la filière », a déclaré Jérôme Volle, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs. De son côté, la directrice de l’Union nationale des détaillants de fruits et légumes (UNFD), Sandrine Choux, qui a assisté à la réunion plénière de Observatoire le 7 octobre à laquelle étaient invités les familles professionnelles, estime que les résultats livrés ce jour sont « tronqués », car ils ont omis de prendre en compte le commerce dit « non sédentaire ». En effet, les détaillants de fruits et légumes sont 15 000, dont 10 000 « non sédentaires », c’est-à-dire sur les marchés forains.

Coordination rurale : il reste à comparer avec les marges des producteurs
Les données publiées le 8 octobre « indiquent seulement les marges réalisées par les distributeurs », a commenté par ailleurs la Coordination rurale dans un communiqué du 12 octobre. « Ces marges sont comparées aux prix payés aux producteurs alors qu’il serait essentiel de les opposer à leurs marges effectives ». La CR a donc demandé, au ministre de l’Agriculture et au secrétaire d’Etat chargé du Commerce, d’imposer à l’Observatoire de publier et d’analyser l’ensemble des marges de tous les intervenants des filières sans oublier ceux qui en sont à la base : les producteurs. Seules ces informations permettent d’apprécier la répartition réelle des marges au sein de cette filière.
La CR s’étonne d’ailleurs que l’Observatoire des prix et des marges n’ait pas commencé son enquête par les marges des producteurs, « pourtant si faciles à calculer ». « Il s’agit de cesser de nier la réalité : les marges des producteurs sont négatives depuis des mois, les agriculteurs ont besoin eux aussi de marges pour bénéficier d’un revenu correct ».

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