Face aux problèmes économiques que connaissent les élevages touchés par la fièvre catarrhale en 2006, les Jeunes agriculteurs veulent faire appel à « la solidarité professionnelle », où éleveurs, abatteurs/transformateurs et Etat cotiseraient dans une sorte de caisse de péréquation.
«Les éleveurs ne doivent pas servir de fusibles sur la fièvre catarrhale » a déclaré, le 30 mai, Philippe Meurs, président des Jeunes agriculteurs (JA). Depuis la découverte en septembre dernier, dans les Ardennes et le Nord de la France, de quatre cas de bovins atteints par le virus de la fièvre catarrhale ovine (FCO) ou « maladie de la langue bleue », les éleveurs du Nord-Est de la France sont soumis à dure épreuve. « Même si la situation sanitaire au sein des zones FCO semble plus sereine, il n’en est pas de même pour les difficultés et la détresse des éleveurs », ajoute-t-il. Face à cela, les JA, ont, dans leur conseil d’administration du 22 mai, « acté le principe d’une solidarité professionnelle nationale où la profession prend ses responsabilités et l’Etat maintient ses engagements et assume les coûts engendrés par l’application des mesures sanitaires ».
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Caisse de péréquation
« Les producteurs mettent un, les abatteurs et transformateurs mettent un et l’Etat également » souhaite Philippe Meurs. « Cette solidarité aura pour objectif de compenser les pertes subies par les éleveurs, mais aussi de montrer le soutien de l’ensemble des filières bovines vis-à-vis des régions du quart nord-est qui servent de bouclier sanitaire pour tout le territoire », précise-t-il. Pour l’instant, tout est au stade de projet, mais selon lui, le dispositif pourrait prendre la forme d’une « caisse de péréquation ». Selon la FNB, 30 000 éleveurs présents dans 16 départements du nord-est de la France, sont encore soumis à des règles de restriction de déplacements pour leurs animaux. « Les déplacements ne sont plus contraints pour les animaux destinés à l’abattage mais restent soumis à conditions. En revanche, les déplacements restent très perturbés pour les animaux destinés à l’élevage, comme les broutards », explique Thierry Rapin, directeur de la FNB. Privés de leur principal débouché vers l’Italie, ces animaux, obligés de rester à la ferme, occasionnent des pertes financières importantes pour les éleveurs, « souvent mal compensées par les aides de l’Etat », soulignent les professionnels.