Le renouvellement des générations en agriculture est la priorité du mandat de Philippe Meurs, président des Jeunes agriculteurs depuis juin 2006. La réforme du « parcours à l’installation » est sur les rails alors que cinq départements sont d’ores et déjà en test. L’idée est d’adapter ce « parcours » qui donne droit aux aides à l’installation au nouveau public qui souhaite entrer dans la profession. Un CNI (Comité national de l’installation) en février devrait marquer le lancement officiel de cette ambitieuse réforme qui vise à mieux « accompagner » les candidats.
Le monde agricole change et le profil des candidats à l’installation aussi. Face à ce constat, l’équipe de Philippe Meurs a mis en chantier la réforme du parcours à l’installation, lequel n’a pas bougé fondamentalement depuis plus de 10 ans. C’était l’époque de la charte nationale à l’installation, lancée par Christiane Lambert. L’idée défendue par Philippe Meurs est que le parcours à l’installation doit « s’adapter à tous ». Du concept de « parcours à l’installation » que certains vivaient d’ailleurs comme un parcours du combattant, les JA préfèrent parler « d’accompagnement ». Cet accompagnement doit être « adapté » et « personnalisé ». Face aux nouveaux profils de candidats à l’installation aidée qui ont souvent une formation scolaire plus élevée, ne viennent plus forcément du milieu agricole, et présentent des projets très divers, il fallait réformer, souligne Philippe Meurs. Cette rénovation du parcours s’appuie sur une expérimentation qui s’est déroulée dans 5 départements (Pas-de-Calais, Morbihan, Aveyron, Ardèche et Aube). L’objectif des JA est que tous les départements soient opérationnels à la fin juin, date de fin de mandat de Philippe Meurs à la tête des JA.
Au niveau des connaissances jugées nécessaires et obligatoires pour rentrer dans le processus de l’installation aidée, la nouveauté consiste à ne plus exiger exclusivement un niveau scolaire 4 agricole mais d’accepter également un niveau 4 général, c’est-à-dire le niveau bac.
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Un auto diagnostic
Dans une deuxième étape, le candidat à l’installation devrait réaliser un auto-diagnostic avec l’appui des « points info installation ». Les Jeunes agriculteurs souhaitent rendre cette étape obligatoire. Le syndicalisme jeune plaide pour que le candidat réalise une analyse de compétences et de projet ou bilan de compétences. Sur délégation du CDI (Comité départemental d’installation), ce sont les Adasea (Associations départementales pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles) qui seraient mandatées pour assurer ce bilan de compétence.
Après, s’enclenche le PPP (plan de professionnalisation personnalisé) qui se compose d’une « base collective » de formation d’au moins 20 h et d’une « base personnelle ». Ce plan vise à se substituer au « stage 6 mois » dont il constitue un mixte. Le référent du jeune candidat à l’installation serait l’Adasea. C’est au final la CDOA (La commission départementale d’orientation de l’agriculture) qui valide à la fin du processus l’ensemble de cet accompagnement et le PPE (plan de développement de l’exploitation) anciennement Epi (étude prévisionnelle à l’installation). La part de l’État dans ce parcours d’un genre nouveau est évaluée à 500 euros/ an et par candidat.