Le collectif de jeûneurs a manifesté le 6 novembre à Paris pour demander « une répartition plus cohérente et plus juste des aides Pac ». Voulant s’installer sur l’esplanade des Invalides, ils ont été rapidement délogés par des policiers. N’ayant pu être reçus par le cabinet de Dominique de Villepin comme ils le demandaient, les jeûneurs ont pu cependant rencontrer Ségolène Royal.
Après plusieurs actions en Bretagne, le collectif des jeûneurs a investi Paris le 6 novembre. A l’appel de la Confédération paysanne, de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) et du Réseau agriculture durable, la trentaine d’agriculteurs manifestants a demandé « une répartition plus cohérente et plus juste des aides Pac » sur l’esplanade des Invalides. Alors qu’ils essayaient de monter une tente pour entamer un jeûne de deux jours, ils ont rapidement reçu la visite de neuf fourgons de policiers, avec l’objectif de les déloger de ce lieu symbolique de la capitale française. Motif officiel : interdiction de s’installer pour manifester dans un lieu public à Paris sans autorisation préalable.
« Une Pac qui accentue les inégalités »
À proximité du ministère de l’Agriculture et de l’Assemblée nationale, les militants souhaitaient protester contre la façon dont la France applique la nouvelle Pac. Selon eux, le système de répartition des aides « accentue les inégalités » entre producteurs et ne reconnaît pas les efforts faits par certains en matière d’environnement. D’après le collectif, près de 140 000 agriculteurs reçoivent moins de 5 000 euros de DPU par an (hors aide directe laitière) et 70 000 n’en reçoivent pas du tout. Outre la revalorisation des faibles DPU, le collectif réclame également « l’augmentation jusqu’à la moyenne départementale de tous les DPU des paysans signataires d’une MAE (ndlr : mesure agri-environnementale). Souhaitant rencontrer, lors de leur action, le conseiller agricole du Premier ministre, les jeûneurs ont finalement reçu une réponse négative. « Dominique Bussereau a également toujours refusé de nous rencontrer sur le sujet », a souligné Gérard Durand, porte-parole de la Confédération paysanne. En revanche, en fin d’après-midi, une délégation du collectif a pu être reçue par des élus Verts de la mairie de Paris pour exposer ses revendications.
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Rencontre avec Ségolène Royal
Contraints de déménager des Invalides, les jeûneurs ont passé la nuit du 6 au 7 novembre au siège de la Confédération paysanne à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) en poursuivant leur jeûne. Le lendemain, ils ont entrepris de circuler, devant l’entrée des députés à l’Assemblée nationale, avec des pancartes autour du cou pour exprimer leurs revendications. Si les jeûneurs n’ont pas pu donner à leur action tout le côté spectaculaire qu’ils souhaitaient initialement, ils ont néanmoins pu rencontrer la candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, qui sortait de l’Assemblée. Selon Gérard Durand, cette dernière les a assurés de son soutien et de son souhait de s’engager vers une « régionalisation des aides » si elle était élue. Si la Confédération paysanne est a priori favorable à ce système, elle reste cependant prudente. « Une régionalisation pure et simple, où certains départements resteraient pauvres et d’autres toujours riches, ne changerait rien au problème. Il faut au contraire que les enveloppes régionales soient harmonisées pour éviter les inégalités entre les territoires », souligne Gérard Durand. En attendant, les jeûneurs poursuivent leurs actions en Ile-et-Vilaine. Ils devaient entamer un jeûne le 18 novembre à 8 h devant les permanences des 7 députés du département.