Abonné

Jus de fruit/Consommation Les jus de fruit font de la résistance mais la situation se détériore

- - 4 min

Taxe sur le sucre, mauvaise météo, flambée des matières premières et hausse du dollar, la conjoncture a été pour le moins difficile pour les producteurs de jus de fruit depuis le début de l’année. Pourtant, le marché a résisté, limitant la baisse en volume à 1,23% et progressant de 5,4% en valeur, pour les chiffres arrêtés à fin septembre 2012. Le secteur a pu faire bonne figure en ce début d’année mais tous les clignotants sont au rouge pour 2013 qui s’annonce comme très difficile.

L’année avait pourtant mal commencé constate Unijus, interprofession des jus de fruits et des nectars, avec une baisse de consommation, due à un printemps maussade et pluvieux, atteignant même une baisse de 3,9% en mars 2012 par rapport à mars 2011. En revanche, la consommation estivale a été beaucoup plus favorable, le mois d’août 2012 réalisant, par exemple, une croissance de 3,7% par rapport à la même période en 2011. Par ailleurs, les nectars ont accusé le coup, avec la taxe sur les boissons avec sucres ajoutés qui explique en grande partie une baisse de 8,7% de la consommation en volume sur le premier semestre, selon Unijus/Nielsen. À cela se sont ajoutées de fortes tensions sur le marché des matières premières, amplifiées par une parité euro/dollar très défavorable, caractérisées comme les années précédentes par des cours très élevés et des difficultés d’approvisionnement en jus. Ainsi, les tensions sur les cours des jus de fruits ne cessent de s’accroître depuis 2009 : les cours du jus d’orange ont augmenté de +75%, ceux du pamplemousse de +96%, +80% sur la pomme et +15% pour l’ananas sur la même période. Ces fortes augmentations pèsent lourdement sur les prix de revient d’un jus de fruit puisque la matière première représente en moyenne 60% du prix final. Sans oublier de fortes hausses pour l’énergie, le transport ou l’emballage.
 
De sombres perspectives
Dans ce contexte difficile, le secteur des nectars est le plus affecté, avec sur six mois, un repli de 8,7% en volume, après une année 2011 déjà décevante en recul de 4,15%. Cette dernière catégorie a subi l’effet conjugué de la fiscalité accrue des boissons rafraîchissantes et des coûts d’approvisionnement très tendus tout au long de l’année, rapprochant ainsi son prix de vente des autres catégories. « Si aucune disposition n’est prise, cette catégorie risque de disparaître, menaçant des emplois et la pérennité de la filière », s’inquiète Unijus. Mais l’ensemble du secteur est menacé par « des perspectives noires en matière de disponibilité et de coûts des matières premières pour la fin 2012 et l’année 2013 ». Selon les premiers éléments d’informations disponibles, les prix des matières premières (concentrés et purs jus de fruits) devraient poursuivre leur tendance haussière sur la fin de l’année et pour 2013. La pénurie estimée pour la prochaine campagne est inédite depuis 10 ans pour la pomme en raison de récoltes historiquement basses et de la demande chinoise, et depuis 17 ans pour le raisin, lui aussi victime d’une mauvaise récolte et de la prime à l’arrachage. Les oranges et pamplemousses ne sont pas épargnés, pas plus que les ananas ou fruits de la passion. Enfin le dollar, très instable, s’est apprécié de près de 10% face à l’euro, ce qui renchérit mécaniquement le prix des fruits, ceux-ci étant achetés avec cette devise et rend la situation encore un peu plus compliquée. Une année 2013 très difficile s’annonce pour l’ensemble de la profession.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

consommation
Suivi
Suivre
interprofession
Suivi
Suivre