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Jus de fruit/Activité Les jus de fruit tiennent bon en 2011 dans un contexte « secoué »

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Les industriels français des jus de fruits estiment « avoir bien tiré leur épingle du jeu dans un contexte de consommation particulièrement morose en 2011 ». Ils se félicitent de ce que la consommation ait bien résisté, avec 1,64 milliard de litres achetés, n’accusant qu’une légère baisse de 0,6%, tandis que la production nationale progressait de 2,5%. Unijus qui représente et conseille 31 entreprises du secteur, représentant 85% des volumes et nectars consommés en France pour un chiffre d’affaires de 2,1 milliards d’euros, se veut confiant pour l’avenir, tablant sur les capacités d’innovation de ses membres, l’attachement des Français à ce type de produits et les nouvelles aspirations pour une alimentation saine et équilibrée pour poursuivre cette tendance vertueuse. Ils s’inquiètent toutefois de la poursuite de la hausse des coûts de production et de l’environnement économique et fiscal incertain. Les prix de vente aux consommateurs devraient rester stables, les industriels continuant à rechercher des gains de productivité.

Malgré la hausse des prix de vente de 7,6% sur l’année, et la crise qui a affecté les dépenses des Français ceux-ci ont maintenu leur consommation de jus de fruit, confirmant leur attachement à ce produit apprécié pour ses multiples qualités nutritionnelles. La consommation a cependant accusé une légère baisse de 0,6% à 1,64 milliard de litres, un résultat « très positif », juge toutefois Emmanuel Vasseneix, président d’Unijus et p.-d.g. de la Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel. La profession a en effet dû faire face à une hausse du prix des matières premières conséquentes, tant pour les concentrés (75% pour l’orange, 80% pour le pamplemousse, 100% pour la pomme ou 15% pour l’ananas) que pour les purs jus (15% pour l’orange, 30% pour le raisin, 30% pour la pomme). Les mauvaises conditions météo (sécheresse en Asie, gel en Floride ou pluies surabondantes au Brésil) ont réduit les approvisionnements et exacerbé la concurrence avec d’autres usages (fruits de bouche ou confiture), ont pesé sur les prix. Plus structurellement, des politiques protectionnistes de certains États, comme le Brésil, la concentration des opérateurs entre quelques mains, ou la croissance démographique dans les pays émergents, vont peser durablement sur les cours. À cela s’est ajoutée la hausse des coûts de l’énergie, des emballages, du transport, sans oublier les variations défavorables de l’euro face au dollar, monnaie de référence des échanges. En France à partir du 1er janvier, une taxe sur les boissons avec sucres ajoutés va particulièrement affecter les nectars pour qui la réglementation actuelle rend obligatoire l’ajout de sucres, alors que ceux-ci perdent déjà des parts de marché.

Les purs jus ne cessent de progresser
Les Français ont confirmé leur nette préférence qu’ils accordent aux purs jus qui gagnent des parts de marché sur les autres catégories. Ils représentent désormais, avec 816,57 millions, près de la moitié du marché, 49,8%, contre 43,16% en 2010. Ils sont suivis des jus à base de concentré, avec 487,56 millions de litres, cèdent un peu de terrain passant de 32,16 à 29,7% du marché. Un résultat que salue Thomas Gauthier, secrétaire général d’Unijus qui se félicite de cette résistance des purs jus face à la concurrence des concentrés que les concurrents allemands tentent d’introduire sur le marché. Les nectars avec 328,74 millions de litres perdent du terrain, passant de 23,64 à 20% de part de marché. Par catégorie de fruits, l’orange reste le parfum favori (789 millions de litres et 48% du marché), devant la pomme en légère progression (164 millions de litres et 10% du marché). Les produits (jus et nectars) bio demeurent encore « marginaux » avec 50 millions de litres mais ne cessent de progresser, avec 25% sur la dernière année pour se hisser à 3,5% du marché contre 2% en 2010. Les consommateurs réalisent la majorité de leurs achats en GMS (Hyper et supermarchés) qui représentent 63% des ventes (plus de 1 milliard de litres), devant le hard discount (26%) et le hors domicile (restaurants, cafés, bars).

Une industrie innovante
La filière représente en France 30 entreprises, regroupant des producteurs, conditionneurs, importateurs, distributeurs, pour 3 000 emplois directs et 21 000 indirects, offrant un débouché à plus de 18 000 exploitations en France et outre-Mer. Face aux défis qui leur sont lancées, elles disposent de plusieurs atouts. Certaines évolutions économiques qui peuvent être un frein pour elles, peuvent également avoir des effets positifs. Ainsi en va-t-il de la hausse des coûts du transport, qui va conduire à une certaine relocalisation de la production, espère Emmanuel Vasseneix. De même les nouvelles réglementations européennes qui imposent des contraintes industrielles importantes vont favoriser les bonnes pratiques déjà appliquées par la filière française qui les avait anticipées. Ainsi, la profession a largement appuyé et salué la décision européenne d’interdire l’adjonction de sucres dans les jus de fruit, le maintien sans équivoque d’une stricte distinction entre les 3 produits que sont les « jus de fruits », les
« jus de fruits à base de concentré » ou les « nectars de fruits ». Unijus se réjouit par ailleurs de la tendance affichée par les Français, et largement appuyée par des campagnes publiques ou privées, en faveur d’une consommation favorisant un équilibre alimentaire et nutritionnel au quotidien. La profession est largement impliquée : 17% des adhérents Unijus, représentant 98 % des volumes, ont adhéré à la charte nutritionnelle pour le Plan National Nutrition Santé, se fixant 6 objectifs pour fin 2012, prévoyant notamment la diminution des sels ou sucres ajoutés ou la transparence de l’étiquetage. Enfin la profession se fixe, dans le cadre de l’Alliance des boissons sans alcools, créée en février, divers engagements environnementaux ou sociaux et sociétaux, concernant les économies d’énergie, d’eau, la réduction ou la valorisation des déchets. Face à ces adaptations, le point noir réside dans les difficultés à trouver des compétences professionnelles (électromécaniciens ou conducteurs de lignes) pour mettre en œuvre ces nouvelles techniques de production.

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