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Les laiteries craignent de manquer d’éleveurs de caprins

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La France compte plus de 5 000 éleveurs de chèvres et la moitié fabrique eux-mêmes leurs fromages. Les laiteries craignent de manquer de lait à l’avenir si les installations ne s’orientent pas vers la filière longue.

Le renouvellement des générations est un enjeu essentiel pour accompagner la croissance des marchés et anticiper les départs en retraite. C’est le message principal qu’est venue porter l’interprofession caprine (Anicap) au Space, pour sa deuxième participation au salon international de l’élevage qui s’est tenu du 13 au 15 septembre. « La pyramide des âges est plutôt favorable. Nous avons plus de jeunes que dans d’autres filières », pose d’abord la directrice de l’Anicap, Marilyne Le Pape. Cependant la dynamique d’installation n’est pas suffisante, d’autant plus que les installations se font principalement sur des modèles fermiers. « Nous avons la particularité d’avoir la moitié des éleveurs qui livre son lait à des laiteries et l’autre moitié qui transforme à la ferme », précise Mickaël Lamy, éleveur dans le Maine-et-Loire et représentant de la coopération laitière au sein de l’Anicap. Actuellement, 80 % des fromages de chèvre sont fabriqués par des laiteries, le reste est transformé à la ferme.

Les arguments de la filière

L’administrateur de la coopérative Agrial se fait écho de la principale crainte des industriels : manquer de lait à collecter dans les années à venir si les futurs éleveurs caprins ne s’installent pas en filière longue. Le salon a été l’occasion de présenter l’élevage caprin aux élèves des lycées agricoles. « La nouveauté dans notre communication est de parler de devenir éleveur de chèvre en tant que salarié, dans des groupements d’éleveurs, par exemple. C’est une opportunité à laquelle on ne pense pas forcément alors que les besoins d’astreinte et de remplacement sont importants, indique Marilyne Le Pape. Il n’y aura pas forcément de la place pour tout le monde en tant que fromager ». Des animaux plus petits, une installation moins coûteuse et une meilleure rémunération que dans d’autres filières d’élevage… L’interprofession a des arguments pour attirer les jeunes.

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Susciter des vocations est un enjeu d’autant plus important pour la filière que la consommation de produits à base de lait de chèvre est dynamique. « Les débouchés pour les fromages de chèvres sont croissants en France et à l’étranger », souligne la directrice de l’Anicap, notamment sur les marchés de la GMS (65 % des ventes) et de l’export vers l’Europe. Les fromages de chèvre sont, au contraire, peu distribués en restauration collective, en raison de leur prix. En termes de produits, ce sont principalement les « fromages ingrédients » à destination de l’agro-industrie ou de la restauration rapide qui portent la demande. « Ce sont ceux qu’on trouve dans les pizzas ou les burgers », illustre Marilyne Le Pape.

Devenir éleveur de chèvre en tant que salarié