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Les légumes secs, propices à la préservation de l’environnement

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La culture et la consommation de légumes secs présentent des avantages reconnus pour l’environnement et la santé. Pourtant, l’une comme l’autre ont fortement diminué en France depuis les années 70. Soutenus par les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, Réseau action climat France et Solagro ont présenté une étude le 3 mai visant à identifier des solutions pour inverser la tendance.

La France « ne produit que 20 % des légumes secs consommés, et nous sommes passés d’une consommation de 7,2 kg par personne en 1920 à 1,7 kg par personne aujourd’hui, soit un niveau deux fois plus faible que la moyenne européenne », indiquent Réseau action climat France (RAC-F) et Solagro (1), dans leur étude diffusée le 3 mai. Pourtant, la culture et la consommation de légumes secs répondraient aux enjeux actuels de préservation de l’environnement et de la santé. Un constat que les deux organismes ont souhaité rappeler en cette année internationale des légumineuses.

Diminuer les émissions de gaz à effet de serre

« En 2013, le secteur de l’agriculture représentait 16 % des émissions territoriales françaises de gaz à effet de serre, dont 48 % sous forme de protoxyde d’azote », émis majoritairement lors de l’apport d’azote sur les sols, rappelle le rapport. La culture de légumineuses serait porteuse de solutions car elle « ne nécessite pas d’apport d’azote » et « ces cultures ont la capacité de restituer l’azote disponible pour la culture suivante ». « Jusqu’au début des années 70, les légumes secs dominaient les surfaces cultivées en légumineuses à graines », indique l’étude. Le mouvement s’inverse ensuite, au profit des protéagineux, « sous l’impulsion politique française et européenne pour l’orientation des débouchés en alimentation animale ». La France devient alors largement déficitaire pour son approvisionnement en légumes secs, sa production nationale ne couvrant que 27 % de la consommation.

Relancer la production avec des politiques territorialisées

Citant des initiatives territoriales concrètes fructueuses (lentilles vertes du Puy, Grain de vitalité en Pays de Loire, filière légumes secs AB dans le Sud-Ouest…) et les démarches à l’international (Canada, Espagne, Italie), le rapport propose de s’appuyer sur les territoires pour développer la culture de légumes secs en mettant en œuvre « un soutien axé à la fois sur la structuration des filières locales et sur les débouchés locaux et/ou justifiés par une production de qualité ». Un projet qui doit s’insérer dans « des dynamiques plus larges » telles que les signes de qualité et d’origine ou les circuits courts et de proximité.

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L’augmentation de la consommation de légumes secs en France reste la condition préalable au développement de leur production, estime le rapport. Puisque la consommation de légumes secs a chuté « depuis le changement des régimes alimentaires » qui laissent plus de place aux produits animaux, RAC-F et Solagro préconisent de modifier le prochain Plan national nutrition santé (PNNS) et, à l’instar du Canada, d’inscrire les légumes secs dans la catégorie des protéines.

Par ailleurs, la restauration collective, en particulier scolaire, pourrait constituer « un levier stratégique pour développer la consommation de légumes secs ». Le rapport suggère, dans ce but, « un dialogue entre producteurs et commanditaires […] pour inclure au maximum des productions locales et de qualité de légumineuses ».

À terme, RAC-F et Solagro envisagent l’hypothèse de « doubler la consommation actuelle de légumineuses des Français (soit 4 kg/pers/an) ». Pour satisfaire les besoins des consommateurs, il faudrait alors multiplier par 3 la surface actuelle de culture de lentilles (+45 000 ha) et multiplier par 7 la surface de haricots secs (+30 000 ha).

(1) RAC-F est une association spécialisée sur le thème du changement climatique et Solagro, créée en 1981, est une entreprise associative « dont le but est d’ouvrir d’autres voies pour l’énergie et l’agriculture, pour une gestion économe, solidaire et de long terme des ressources naturelles ».

La production nationale de légumes secs ne couvre que 27 % de la consommation.