Alors que les emblavements s’accélèrent avec le retour du soleil, une course contre la montre est lancée pour la livraison des semences.
« Tout le monde essaye de se dépêcher pour livrer le plus vite possible les dernières semences nécessaires pour le printemps, dans l’hypothèse où l’ensemble des transports seraient complètement interdits » face à la pandémie de coronavirus, déclare le 18 mars Claude Tabel, président de l’Union française des semenciers (UFS). Des approvisionnements étaient déjà partis chez les distributeurs avant les restrictions imposées par le gouvernement. Mais les usines sont toujours en train de fabriquer, de livrer des semences.
« Il reste peut-être encore 20 % de semences à acheminer sur les exploitations », d’après lui. Pas d’inquiétude côté orges de printemps : les agriculteurs ont « probablement tout chez eux » tandis que les semis sont entrés dans leur dernière ligne droite. Pour les autres espèces qui vont suivre, « on peut encore travailler », assure le président des semenciers, se disant « en contact régulier avec les ministères pour expliquer l’importance du secteur en termes d’autonomie alimentaire du pays ». L’UFS ne constate « pas de difficulté » sur le plan logistique même si « des transporteurs se demandent s’ils pourront continuer à travailler ».
Anticipation des achats
Chez Euralis, « l’activité se poursuit normalement », indique la coopérative de Nouvelle-Aquitaine qui dispose d’un pôle semences : « On assure les livraisons tous les jours ». Les silos, magasins d’approvisionnement et usines du groupe restent ouverts. Cela demande une réorganisation du fonctionnement, avec des salariés en télétravail pour honorer les commandes. Les adhérents sont régulièrement informés de la poursuite d’activité de leur coopérative via des SMS, mails, l’intranet. Au final, Euralis se dit plus sollicitée que d’habitude, face à une anticipation des achats de semences.
« Les entreprises s’organisent pour maintenir l’ouverture des dépôts », selon Anne-Laure Paumier, directrice des Métiers du grain à La Coopération agricole. La fédération des coops se veut rassurante sur la disponibilité des intrants, notamment en semences. « Le secteur agricole est identifié comme prioritaire » ce qui permettra d’obtenir les autorisations indispensables pour circuler, affirme-t-elle au vu de ses échanges avec les autorités.
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Actura, réseau de mise en marché d’agrofournitures, signale le 17 mars « un flux quasi-normal des livraisons ». Par ailleurs, les stocks de semences, de phytos chez ses membres « permettent pour le moment de répondre à la demande » des agriculteurs. De son côté, la coopérative Limagrain indique le 19 mars avoir initié, « il y a quinze jours, un plan de commande et de livraison anticipés des semences de grandes cultures pour livrer les distributeurs et permettre aux agriculteurs d’être en capacité de réaliser dans les meilleures conditions possible les semis de printemps ».
La coopération agricole se veut rassurante sur la continuité des approvisionnements
Coronavirus : Bruxelles ouvre la voie à un report d’un mois des demandes d’aides Pac
Pour faire face à l’épidémie de coronavirus, la Commission européenne a décidé, le 17 mars, d’autoriser les États membres à accorder une prolongation d’un mois du délai imparti aux agriculteurs pour présenter leurs demandes de paiements directs et de certains paiements au titre du développement rural. Bruxelles en avait déjà fait de même pour l’Italie dès le 13 mars. Les agriculteurs – si toutefois les États membres le décident – vont voir la date limite du 15 mai pour déposer leurs demandes d’aides Pac repoussée au 15 juin. La Commission européenne précise qu’elle « prépare actuellement les mesures juridiques à prendre pour permettre cette dérogation aux règles actuelles ». Quelques heures après cette annonce, la FNSEA a demandé dans un communiqué « au gouvernement français d’appliquer ce report ». « Le confinement des conseillers de tous les organismes (FDSEA, chambres d’agriculture, centres de gestion…), ne permet pas l’accompagnement des agriculteurs dans de bonnes conditions », estime le syndicat. Pour la FNSEA, un report d’un mois « permettra de donner le temps aux conseillers de poursuivre leur mission, dans des conditions que nous espérons tous meilleures ».