L’AGPM (producteurs de maïs) a consacré une table ronde sur la « diversité et durabilité des territoires maïs », lors de son assemblée générale le 21 novembre à Mulhouse. L’AGPM veut convaincre les décideurs, notamment en vue des Programmations pluriannuelles de l’énergie.
« Le maïs est une plante qui peut contribuer à la transition écologique », a soutenu pour sa part Franck Laborde, secrétaire général de l’AGPM. Il s’agit d’une plante en C4, ce qui est synonyme d’une forte production de biomasse, en l’occurrence 13 à 20 t/ha de maïs. « Un hectare de maïs capte plus de CO2 qu’un hectare de forêt », d’après lui. L’AGPM explique vouloir convaincre les décideurs de cette réalité, notamment en vue des Programmations pluriannuelles de l’énergie.
« C’est une plante vertueuse », selon le président de l’AGPM maïs doux Jean-Paul Lataste. Le maïs doux, une fois récolté, laisse aisément la place à des cultures intermédiaires qui piègent les nitrates, a-t-il mis en avant. Autres preuves de durabilité, les producteurs ont réduit leur IFT (indice de fréquence de traitement) ces dernières années, d’après lui, et utilisé des OAD (outils d’aide à la décision) pour améliorer l’irrigation, mieux piloter l’usage d’insecticides.
Le poids économique du maïs doux plaide aussi en sa faveur. « Ça crée de la valeur », a considéré Jean-Paul Lataste. La filière, qui exporte 80 % de la production, génère un excédent de 115 millions d’euros dans la balance commerciale, d’après ses chiffres. Elle semble bien profiter aux agriculteurs, grâce à une contractualisation apportant 152 €/ha de produit brut supplémentaire par rapport au maïs consommation. « Les centres de gestion nous disent qu’on est en moins mauvaise santé que les autres », a-t-il glissé.
Duralim monte en puissance
Concernant l’alimentation animale, le maïs s’inscrit dans la démarche Duralim, qui met en avant les actions « durables » de toute la filière et engage les entreprises vers de nouveaux progrès. Cette plateforme, lancée en 2016, « prend son envol », a témoigné le président du Snia François Cholat. Il a par ailleurs rappelé le lien entre la fameuse volaille de Bresse et le maïs, qui compose 40 % de sa ration. L’intérêt de cette céréale réside dans l’apport d’amidon, d’acide gras, également la présence de pigments, d’après lui. 164 éleveurs vivent de la volaille de Bresse, un produit haut de gamme représentant 950 000 têtes.
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Le maïs trouve un gros débouché dans la filière laitière, active en matière de durabilité avec la Ferme laitière bas carbone, a souligné Thierry Roquefeuil, président du Cniel. Plus de 8 000 éleveurs participent à cette initiative de l’interprofession, d’après le site internet dédié. En France, la ration moyenne d’une vache laitière comprend 40 % d’ensilage de maïs (en 2017 pour des exploitations de plus de 50 mères), a-t-il rappelé. Son évolution montre une augmentation de la sole en zone de plaine et zone de polyculture-élevage.
Le maïs, champion de la biomasse par hectare
Daniel Peyraube demande un rendez-vous au ministre de l’Agriculture
« Je demande que le ministre de l’Agriculture nous reçoive le plus rapidement possible », a déclaré Daniel Peyraube, le président de l’AGPM. Didier Guillaume ne s’est pas rendu au congrès du maïs à Mulhouse (Haut-Rhin). Il s’est exprimé dans une vidéo. Mais « rien, pas un mot » sur des questions posées par l’AGPM – qui concernent en autres les néonicotinoïdes, les biotechnologies, les assurances, la Pac – « de grandes phrases » à propos de l’irrigation, du stockage de l’eau, lui a reproché Daniel Peyraube. Le président de l’AGPM a souligné son « combat » contre l’interdiction des néonicotinoïdes : « Pour la filière maïs, pas question de laisser quiconque au bord de la route ». Et de réclamer une dérogation dans ce dossier.