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Les Maîtres laitiers du Cotentin veulent tourner la page Synutra

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Malgré le « problème Synutra », les Maîtres laitiers du Cotentin annoncent des bénéfices en nette progression. Grâce à une stratégie de segmentation et l’adaptation de son outil industriel, le groupe coopératif de la Manche compte rebondir.

À l’occasion de son assemblée générale annuelle, le 17 septembre, la direction des Maîtres laitiers du Cotentin (MLC) a présenté les chiffres clés du dernier exercice 2018-2019. Et malgré la rupture du contrat de production de briquettes de lait pour enfant avec le chinois Synutra en août 2018, le « groupe coopératif industriel et commercial », comme il se définit, a redressé son résultat net (part du groupe) à 7,566 millions d’euros, contre 1,3 million lors de l’exercice précédent. Les ventes sont en légère baisse (-1,2 % par rapport à 2017-2018) à 1,953 milliard d’euros. L’activité se répartit entre trois entités : la coopérative, la holding de distribution France Frais et la holding industrielle Evoling (Fromagerie Réo et Yéo Frais).

Guillaume Fortin, directeur général de la coopérative et du réseau France Frais, a présenté une nouvelle stratégie de segmentation des produits de la coopérative pour les prochaines années, qualifiée de « virage stratégique ». À compter de 2020, elle s’articulera autour du lait non OGM et de pâturage (minimum 120 jours par an et 10 ares par vaches en lactation, le référentiel de l’interprofession) ; du lait bas carbone ; du lait AOP et du lait bio.

Des avancées ont déjà été faites sur certains points : « À date, une centaine d’exploitations produisent déjà du lait AOP, et une quinzaine est actuellement en phase de conversion bio », assure la coopérative. Pour le segment pâturage et sans OGM, « la majorité des exploitations répondent déjà au cahier des charges […] et plus d’un sociétaire sur deux est favorable à l’orientation non-OGM ». Quant à l’orientation bas carbone, des diagnostics sont en cours et « 47 % des sociétaires se sont dits prêts à produire en bas carbone ».

S’adapter après Synutra

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Côté outil industriel, l’usine de Méautis (Manche), construite dans la perspective d’un contrat de lait en briques pour le chinois Synutra, fonctionne toujours au ralenti, depuis la rupture de l’accord entre la coopérative et l’industriel chinois à l’été 2018. « Les aménagements nécessaires à l’atelier UHT pour lui conférer davantage de flexibilité étaient en cours, ainsi que les négociations avec les clients afin d’aboutir à un redémarrage effectif d’ici la fin de l’année et une montée en puissance sur 2 020 », avance la coopérative qui attend le résultat de la procédure devant les tribunaux. L’agrément obtenu au cours de l’été de la part des autorités chinoises pour le lait infantile est vu comme une bonne nouvelle par MLC.

Jean-François Fortin, directeur général du groupe, prévoit « un futur exercice qui sera sensiblement meilleur que l’exercice clos » sachant que « les indicateurs commerciaux et financiers pour l’ensemble des entités composant le groupe continuent de progresser. »

MLC a présenté une nouvelle stratégie de segmentation