Dans une lettre ouverte aux responsables professionnels et aux pouvoirs publics, les producteurs de tomates dénoncent les facilités accrues accordées aux importations du Maroc, qui aggravent leur situation financière.
Les importateurs de tomates en provenance du Maroc bénéficient de facilités toujours plus grandes, et les producteurs de difficultés accrues. Tel est le sens de la lettre adressée le 24 octobre par Pierre Diot, président de l’Association d’organisations de producteurs (AOP) Tomates et concombres, aux responsables des familles professionnelles d’Interfel (l’interprofession des fruits et légumes frais) et des pouvoirs publics (ministère de l’Agriculture, Viniflhor, Commission européenne).
Un calendrier d’importations de plus en plus large
En effet, démontre le président de l’AOP, les importateurs bénéficient d’un calendrier d’arrivages de plus en plus large. Jusque-là le calendrier d’importations s’étendait d’octobre à avril. « Maintenant, il a été rallongé aux deux bouts » : il va d’octobre à mai. Résultat : au lieu de se refaire tant bien que mal une santé financière en octobre, après les pics de production de l’été, les maraîchers assistent à un marché qui plonge. Habituellement, la situation du marché est « équilibrée » en octobre-novembre pour les producteurs français de tomates, avec des cours rémunérateurs.
Or, le cours de la tomate ronde a « dévissé », passant en dix jours de 1,20 euro le kilo à 0,60 départ Saint-Pol de Léon (Bretagne). Ce n’est qu’un exemple de nouvelles facilités laissées aux importateurs. De plus en plus, ces derniers minorent les droits d’entrée dans l’UE en commercialisant des tomates plus haut-de-gamme, comme la tomate-cerise. Les droits de douane sont d’autant plus faibles que les prix dans l’UE sont élevés. « Les importateurs optimisent la réglementation », résume Pierre Diot.
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« Nous rappelons que nous ne luttons pas à armes égales sur le plan économique avec les pays tiers. Nous n’avons pas les mêmes contraintes sociales, environnementales, phytosanitaires », souligne la lettre ouverte.
Après une campagne 2008 « difficile », marquée par des cours plutôt faibles de la tomate, et surtout des coûts de production en hausse (prix du gaz et du fioul), certains producteurs « y regardent à deux fois avant de planter pour l’an prochain ». D’autant plus que le banquier n’accordera pas les mêmes facilités de trésorerie, vu la crise bancaire, a souligné le président des producteurs, à dix jours des commandes de plants pour la prochaine campagne.