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52 congrès des producteurs de légumes Les maraîchers veulent se rapprocher des consommateurs

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L’année a été dure pour les producteurs de légumes, qui enregistraient déjà une chute de 49 % de leurs revenus en 2007 et devraient terminer l’année 2008 à -20 %. « Les gains de productivité des entreprises ne permettent plus de compenser la hausse des charges, la consommation de légumes stagne et nous pâtissons des échos médiatiques négatifs sur la prétendue cherté des fruits et légumes et les résidus de phytosanitaires », confiait Angélique Delahaye, présidente de la Fédération nationale des producteurs de légumes, lors de son dernier congrès annuel, à Montauban (Tarn-et-Garonne). Par ailleurs, la FNPL s’appelle désormais Les Producteurs de légumes de France pour ne pas être confondue avec la fédération des producteurs de lait, également FNPL.

Décidés à « relever la tête du guidon », les Producteurs de légumes de France (nouvelle dénomination de la fédération) ont vivement engagé leurs adhérents à se prendre en main et à agir sur le terrain. Ce fut le thème général du 52 e congrès de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de légumes) qui s’est tenu à Montauban (Tarn-et-Garonne). « Vous devez interpeller les ministres à chaque fois qu’ils se déplacent dans votre région, mais aussi profiter des opérations qui permettent de rencontrer les consommateurs, pour leur redonner envie de manger des fruits et légumes, et bâtir une véritable histoire d’amour avec eux », a martelé Jacques Rouchaussé, secrétaire général du syndicat qui, avec ses collègues réunis au sein de Tradition Maraîchère, dans la Marne, a mis en place un dispositif de vente directe aux hypermarchés locaux, qui permet de bien valoriser les légumes.

Trop chers ou pas assez ?

Tout le monde ne peut toutefois pas vendre sa production de la sorte. 80 % des tonnages sont commercialisés via les centrales d’achats, mais à quel prix ? Trop chers pour les consommateurs, pas assez payés pour les producteurs… Angélique Delahaye demande aux services de l’Etat de faire appliquer la loi interdisant aux distributeurs d’exiger des ristournes de leurs fournisseurs. « Avec la condamnation de Carrefour, en mars dernier, à nous verser 1 milllion d’euros, au sujet d’une ristourne sans contrepartie, la voie est ouverte », indique-t-elle.

Mais la fédération veut aller plus loin et reprendre la main sur la commercialisation. « Il faut être moins individualistes, poursuit la présidente. Les producteurs ont le devoir de se rassembler pour gérer leur production, leur calendrier et commercialiser leurs produits, en jouant sans réserve la carte “France”. Nous devons rééquilibrer la relation commerciale, quel que soit le mode de mise en marché et être unis face aux distributeurs. Nous devons aussi mettre les opérateurs de première mise en marché devant leurs responsabilités : rémunérer les produits aux producteurs. L’absence de cohérence professionnelle sur les marchés se fait au détriment de notre revenu. »

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Pour Angélique Delahaye, c’est un problème structurel : « Les gains de productivité des entreprises ne permettent plus de compenser la hausse des charges, la consommation de légumes stagne et nous pâtissons des échos médiatiques négatifs sur la prétendue cherté des fruits et légumes et les résidus de phytosanitaires ».

Réduire les coûts de production

Les producteurs doivent donc réduire leurs coûts de production. En 2008, celui de l’énergie a progressé de 30 % et celui de la main d’œuvre de 3,2 %, tandis que les prix payés aux producteurs régressaient de 2,64 %. « Nous demandons une baisse de 20 % du tarif de gaz Telnuit des serristes », indique le syndicat. Quant aux distorsions de concurrence sur la main-d’œuvre, entre la France (11,37 euros/h) et l’Allemagne (6 euros/h), elles « déstabilisent tous les marchés » et ont entraîné une augmentation de 20 % des surfaces en dix ans outre-Rhin, alors que celles-ci baissaient de 15 % dans l’Hexagone. « Le ministre a sur son bureau un dossier qui propose la prise en compte des charges patronales au même titre que la TVA, poursuit Angélique Delahaye. Nous soutenons cette proposition qui peut apporter une réponse durable pour un emploi durable. »