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Perspectives Les marchés anticipent une forte demande pour les produits laitiers en 2017-2018

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La production fromagère de l’UE, soutenue par une forte demande à l’exportation et par une augmentation des utilisations industrielles, devrait croître de 2 % en 2017 et du même ordre en 2018. C’est l’une des prévisions les plus optimistes qui ressortent du dernier bulletin de la DG Agriculture de la Commission européenne sur les perspectives à court terme des marchés agricoles de l’UE en 2017 et 2018.

Si l’on s’en tient seulement au secteur des produits laitiers, les perspectives à court terme attendues sur ce marché en 2017-2018 par les analystes de la DG Agriculture de la Commission européenne seraient sans précédent. Une forte demande de fromage, beurre, crème et poudre est en effet attendue, laquelle demande devrait soutenir les prix du lait. Des prix records pour le beurre (autour de 6 500 euros/t) et pour le lait écrémé en poudre (1 690 euros/t) ont été enregistrés à la mi-septembre 2017. Le prix du lait cru payé aux agriculteurs est aujourd’hui supérieur à 34 euros/100 kg (34 % supérieurs au point le plus bas de juin 2016).

Selon les analyses de la DG Agriculture, le prix du lait est soutenu par les prix élevés du beurre et par la demande mondiale croissante de fromage, de matières grasses laitières et de lait en poudre. Ce prix, associé à la bonne qualité et à la quantité de fourrage disponible (en particulier le maïs d’ensilage) et aux faibles prix des aliments pour animaux, se traduit par une amélioration des marges susceptibles de stimuler la production laitière dans l’UE.

Par conséquent, on peut s’attendre à une augmentation de la production laitière sur le marché mondial au cours des prochains mois : le rebond de la production communautaire, l’augmentation régulière de l’offre américaine et le début de la saison laitière en Nouvelle-Zélande indiquent tous une augmentation de la production. En 2018, avec des prix du lait plus élevés, la collecte de lait dans l’UE pourrait encore augmenter de plus de 1 %, principalement en raison d’une reprise en France et en Allemagne et de gains de rendement supplémentaires.

La production fromagère de l’UE en hausse de 2 % dans l’UE

La production de fromages dans l’UE – tirée par l’augmentation de la demande à l’exportation et par les utilisations industrielles dans l’UE – devrait augmenter de 2 % en 2017. Une augmentation similaire est attendue en 2018. Les prix du cheddar sont restés stables, aux alentours de 3 500 euros/t, soit un niveau de prix supérieur de 11 % à celui de 2016, en raison d’une demande croissante, notamment au Japon et en Corée du Sud. Les exportations de l’UE devraient être supérieures de 6 % à celles de 2016, avec près de 850 000 t. En outre, la consommation par habitant pourrait encore augmenter, mais à un rythme plus modéré (+ 0,7 %) que les années précédentes. La majeure partie de cette augmentation est attendue dans les États membres de l’Est, tandis que la stabilisation est prévue dans l’UE à 15.

La production de beurre en baisse, la crème en hausse

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En 2017, la production de beurre de l’UE devrait diminuer de près de 3 % par rapport à 2016. L’Allemagne et la France produisent 40 % du beurre de l’UE et, de janvier à juillet, leur production de beurre a diminué de 7 %. Ainsi, au niveau de l’UE, la production a été inférieure de 5 % à celle de 2016 au cours de la même période. Avec le rebond attendu de la collecte de lait, y compris en France et en Allemagne, la production de beurre pourrait reprendre au second semestre 2017. Toutefois, elle pourrait ne pas suffire à compenser la baisse du premier semestre. Néanmoins, l’offre de beurre sera légèrement inférieure au niveau de production de 2015. En outre, d’importantes quantités de matières grasses laitières ont été transformées en crème, ce qui a entraîné une augmentation de 3 % de la production. De plus, entre janvier et juillet 2017, la teneur en matière grasse du lait était inférieure de 1,7 % à celle de 2016.

La baisse de la production de beurre dans l’UE, mais aussi en Nouvelle-Zélande et la forte demande mondiale ont entraîné des prix du beurre très élevés. En conséquence, les exportations de beurre de l’UE devraient être inférieures de plus de 10 % à celles de 2016 et les stocks devraient être très faibles à la fin de l’année 2017. Malgré des prix élevés dans l’UE, la Nouvelle-Zélande n’a pas utilisé ses contingents tarifaires en 2017, et les importations de l’UE devraient également rester faibles en 2018, étant donné que la Nouvelle-Zélande favoriserait les marchés asiatiques plus étroits. La demande de beurre devrait rester stable, notamment parce que l’industrie de la transformation ne peut pas facilement adapter les recettes et passer aux graisses végétales, et surtout parce que les consommateurs préfèrent le beurre. Avec une production laitière accrue et une teneur en matières grasses plus élevée, la production de beurre de l’UE pourrait rebondir de 3 % en 2018.

Exportations de lait écrémé en poudre en forte hausse

Jusqu’en juillet 2017, les exportations de lait écrémé en poudre (LEP) de l’UE étaient 39 % plus élevées qu’en 2016, année où les niveaux étaient plutôt bas. Cette hausse des exportations a été tirée par la forte demande de l’Algérie, de la Chine, des Philippines, de l’Indonésie, du Vietnam, de la Malaisie et du Mexique. Les exportations pourraient ralentir au cours des derniers mois de cette année, l’euro étant plus fort, car de nombreux acheteurs ont peut-être déjà couvert leurs besoins. Néanmoins, les exportations pourraient atteindre près de 780 000 t en 2017 (+ 35 % par rapport à 2016). Les exportations de LEP ont augmenté alors que la production a diminué (- 9 % jusqu’en juillet 2017), ce qui implique que les stocks privés pourraient être très faibles à la fin de cette année (70 000 t).

En 2018, le lait supplémentaire pourrait être transformé en lait écrémé en poudre (+ 2 %), ce qui permettrait une augmentation continue des utilisations intérieures.