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Céréales et oléagineux Les marchés demeurent instables pour les opérateurs

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Si la crise a poussé une bonne partie des fonds financiers hors du marché des matières premières, ceux-ci restent instables. Les opérateurs doivent intégrer un nombre croissant de variables pour comprendre les évolutions de prix. Dans ce contexte complexe, le prix moyen apparaît plus que jamais comme un gage de sécurité pour les agriculteurs.

La crise économique a fait fuir les fonds financiers, c’est indéniable. Sur la Bourse de Chicago, le nombre de contrats passés a considérablement baissé entre 2009 et 2008. D’après les chiffres diffusés par la CFTC, autorité de régulation des marchés à terme américains, quelque 1 200 positions étaient ouvertes sur le marché de Chicago à fin janvier en maïs. C’est un volume équivalent à celui de janvier 2006, très éloigné des 2 300 positions ouvertes enregistrées mi-2008 au plus fort de la spéculation. « Globalement, on peut démontrer que les fortes baisses enregistrées en blé, en maïs et en soja sur la Bourse de Chicago sont corrélées aux ventes des fonds d’investissement », a expliqué François Pignolet, directeur des marchés chez Epis-Centre, le 25 février, à l’occasion d’une conférence de presse organisée par le futur office FranceAgriMer dans le cadre du Salon de l’agriculture, à Paris. Il s’agit là de facteurs totalement hors du champ de contrôle des opérateurs français.

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Le prix moyen, outil de gestion prudente

C’est donc dans un contexte toujours très instable que ceux-ci doivent travailler. « Aujourd’hui, il existe des interconnexions entre les marchés du blé, du soja, l’indice Dow Jones, le Cac 40, les cours du pétrole et ceux du dollar », a également ajouté François Pignolet. Le marché du blé sur Euronext est lié à celui du blé sur la Bourse de Chicago. Les liens ne sont pas toujours très logiques : « La Bourse de Chicago est une référence incontestée pour le marché du blé, mais c’est le SRW (blé de printemps) qui y est coté, or il ne représente que 15 à 20 % de la récolte américaine contre 40 % pour le blé d’hiver HRW (blé d’hiver) coté à Kansas City », a signalé Michel Ferret, responsable du service « conjoncture et études filières » de l’OniGC (Office national interprofessionnel des grandes cultures). Aussi, les organisations économiques se doivent plus que jamais de mettre en place des stratégies de protection. Pour François Pignolet, cela passe par le développement du prix moyen vers lequel les agriculteurs se retournent cette année. L’agriculteur qui opte pour cet outil « donne mandat à sa coopérative pour qu’elle vende comme un fonds », a expliqué le spécialiste, qui considère le prix moyen comme un indice. Autrement dit, « on ne prend pas de risque », a-t-il précisé.