Au lendemain de l’élection de Donald Trump, les marchés des grains se sont montrés attentistes. Une relative stabilité des cours a eu lieu le 9 novembre sur Euronext, jusqu’à la publication des nouvelles projections de récoltes du ministère américain de l'Agriculture (USDA), davantage scrutées par les opérateurs. Récit d’une journée sans grand relief notamment pour les céréales.
Les céréales affichaient un léger repli le 9 novembre en milieu de journée dans un marché attentiste, quelques heures avant la publication du rapport mensuel de l’USDA. La tonne de blé perdait 75 centimes sur l'échéance de décembre à 161 euros et 1,25 euro sur celle de mars, à 167,25 euros, dans un volume d'échanges de moins de 9 200 lots. « Il s'agit d'un réajustement des prix par rapport à la veille », a commenté un analyste du cabinet Agritel. Il rappelle que le 8 novembre, « le marché américain avait un peu remonté, ça ne fait que s'ajuster ». Evolution confirmée à la clôture, avec un blé en repli de 1 euro sur décembre à 160,75 euros.
Après une matinée où les cours ont baissé après des mouvements brutaux sur les marchés des changes et les résultats des élections américaines, pour cet analyste, les marchés seront « plus sensibles aux nouveaux chiffres » des bilans mondiaux qu'aux conséquences éventuelles d'une « politique mise en place à partir de janvier 2017 ». « Les regards sont portés sur FranceAgriMer et l’USDA », dont les estimations sont programmées coup sur coup, a indiqué Damien Vercambre chez Inter-Courtage, encore « interrogatif sur ce qui pourrait changer sur les marchés des grains avec l’élection de Trump ».
Forte volatilité des devises
Le cours du colza a connu un léger repli, le 9 novembre en milieu de journée. La tonne de colza perdait 2,75 euros sur l'échéance de février à 391,25 euros et 2,50 euros sur celle de mai à 391,50 euros, dans un volume d'échanges faible, inférieur à 6 800 lots.
Après l'annonce des résultats des élections américaines et un mouvement brutal sur le marché des changes et notamment sur la parité euro/dollar, qui a entraîné une baisse des cours, « on est presque revenu à la case départ », a commenté un analyste chez Agritel. Les cours du colza restent pour lui dans des niveaux très importants par rapport au début de l'année, dans l'attente des nouveaux chiffres de l'USDA. A noter par ailleurs que ce léger repli intervient au lendemain d'une hausse du colza, soutenu le 8 novembre par l'huile de palme, qui a connu « un nouveau plus haut, et le rebond des cours du canola à Winnipeg », a souligné le cabinet Agritel. La publication du rapport de l’USDA a accentué la baisse des cours, avec un colza abandonnant en clôture 4,25 euros à 389,75 euros sur février.
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« Pour des produits agricoles comme les fruits et légumes, nécessitant beaucoup de main d’œuvre, l’idée choc de Trump d’une chasse aux travailleurs clandestins aura un impact sur les marchés, considère Gautier Le Molgat chez Agritel. Mais pour les grands marchés des grains, son élection n’est pas totalement déterminante. »
Côté devises, les premiers résultats montrant une possible victoire de Donald Trump sur la démocrate Hillary Clinton ont provoqué une dégringolade du billet vert. Celui-ci est tombé à 1,13 dollar pour un euro, un plus bas en deux mois. Mais les grandes devises effaçaient une partie de leurs gains face au dollar après le premier discours de Trump depuis l'annonce de sa victoire, observaient des analystes.
L’élection de Trump amène « des interrogations sur ce qui pourrait changer sur les marchés des grains », selon Inter-Courtage
La CR voit l’élection de D. Trump comme un signe de l’excès de libéralisme
Dans un communiqué du 9 novembre, la Coordination rurale interpelle les dirigeants de l’Union européenne sur l’impact d’un « libéralisme débridé » qui a conduit à l’élection de Donald Trump. Elle s’interroge sur les conséquences sur l’agriculture mondiale de cette élection. « Après les résultats du vote pour le référendum pour une Constitution européenne en 2005 sur lesquels ils se sont assis en 2008, des dernières élections présidentielles en Hongrie, du vote pour le Brexit, et de l’élection de Donald Trump aux États-Unis, la Coordination rurale espère que les dirigeants de l’Union européenne prendront enfin conscience qu’ils doivent très rapidement mettre fin au libéralisme débridé qu’ils ont instauré, notamment en agriculture, au risque d’intensifier encore davantage les tensions nationalistes sur notre continent », affirme le syndicat.