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Production bovine Les marchés exports pour la viande bovine préoccupent FranceAgriMer

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L’année 2010 a été marquée par l’importance des marchés exports dans la production bovine, notamment vers les pays tiers. FranceAgriMer, par la voix de Jean-Philippe Dop, directeur du Service d’appui aux exportateurs, a abordé le sujet, le 15 mars, sous l’angle de la viande et du vif. « Transformer l’essai des négociations sanitaires par des percées commerciales » ainsi qu’« assurer une veille stratégique et anticiper les changements globaux » sont des enjeux déjà présents pour 2011.

En 2010, notamment après la rentrée, les exportations ont tenu les prix des bovins vivants et de la viande bovine. La Turquie, le Liban mais également l’Afrique du Nord ont joué un rôle non négligeable. Développer ces marchés exports est devenu une préoccupation pour la filière, reprise par FranceAgriMer, lors du conseil spécialisé Ruminants, le 15 mars. Jean-Philippe Dop, directeur du Service d’appui aux exportateurs, a fait le point sur la situation. En bovins vivants, pour la France, le chiffre d’affaires export en 2010 représente 1,3 milliard d’euros (1,39 million de têtes) dont 71 millions d’euros sur pays tiers (82 800 têtes). Vers « l’Union européenne, les circuits exports sont dominés par le commerce de bovins destinés à l’engraissement (Italie, Espagne). Vers les pays tiers, il y a surtout des expéditions d’animaux destinés à la boucherie (Liban, Maghreb) », note-t-il dans sa présentation. Au sein de l’Union européenne (UE), les échanges de bovins vivants concernent à 86% l’engraissement contre 13% pour les pays tiers. À destination de la boucherie, les chiffres s’inversent : 8% pour l’UE contre 73% pour les pays tiers. Concernant la reproduction, les échanges vers les pays tiers sont plus importants (12%) que vers l’UE (3%).

Un marché de bovins vivants qui stagne dans l’UE
« Les marchés de bovins vivants au sein de l’UE stagnent. La France et l’Italie en sont les acteurs principaux (90%) », observe Jean-Philippe Dop. La part des pays tiers dans ces marchés progresse, passant de 1,2% en 2006-2008 à 7% en 2010. Mais de façon générale, « le nombre de clients est réduit (5 pays pour l’UE et 4 pays hors UE) », précise Jean-Philippe Dop. Selon lui, le Liban, premier marché des pays tiers avec 45 200 têtes en 2010, reste un marché fragile du fait d’une concurrence de l’Amérique du Sud et « demain de la Corne de l’Afrique », mais surtout du fait de l’évolution de « la conjoncture » en Egypte. Il présente la Russie, le Kazakhstan et l’Algérie comme des « destinations à problème ». En Russie, malgré un accord politique sur les exigences face à la fièvre catarrhale ovine, aucune opération commerciale n’a été concrétisée ces dernières semaines. Il conseille de « rester attentif sur les suites de levées d’embargo dans les pays du Golfe » (Koweït : reproducteurs en novembre 2010, Arabie Saoudite : semence en août 2010, Egypte : embryons en mars 2010, engraissement et reproducteur en novembre 2010, Jordanie : reproducteurs en février 2011).

Surveiller les levées d’embargo pour prendre des marchés
En matière de chiffre d’affaires, la viande bovine représente 1 milliard d’euros en 2010. Si la Turquie a posé un embargo depuis 1996 sur les bovins vivants, elle est le premier débouché en termes de viande bovine française. Vers la Chine, « les résultats d’une mission d’audit à l’automne 2009 sont mitigés » et classent cette destination parmi celles« à problème ». Le Japon, la Corée, les Etats-Unis, le Canada n’offrent « pas de perspectives à court terme de levée des embargos liée à l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ». Seule une logique de contentieux devant l’Organisation mondiale du commerce pourrait faire évoluer la situation. Jean-Philippe Dop constate que « la levée d’autres embargos ESB pourrait confirmer la reprise des exportations françaises », sachant que ces exportations « vers les pays tiers représentent un enjeu non négligeable afin d’assurer un débouché stratégique pour les pièces moins bien valorisées dans l’UE ». Pour 2011, selon lui, l’enjeu serait de « transformer l’essai des négociations sanitaires par des percées commerciales », notamment vers la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, la Serbie, la Bosnie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan, le Maroc et l’Egypte. De même, « assurer une veille stratégique et anticiper les changements globaux » (croissance de la demande asiatique, aspiration des nouveaux consommateurs, marché halal, impact des débats sociétaux…) devrait permettre de gagner des parts de marché. Dans ce sens, une série de groupes de travail s’est mise en place et planche sur le sujet.

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