Une production laitière mondiale contenue ouvre des perspectives positives pour les marchés laitiers, conclut le dernier Observatoire européen du marché laitier. Quelques incertitudes persistent malgré tout sur le beurre et le fromage.
« Le marché laitier est à l’équilibre » et grâce à une production mondiale contenue et une forte demande, « les perspectives sont stables », conclut l’Observatoire européen du marché laitier dans le rapport établi suite à sa réunion du 13 décembre. Dans ces conditions le prix du lait s’apprécie. Les producteurs européens ont, en moyenne, été payés 34,9 centimes par kilo en octobre. Soit 1,6 % de plus en un mois et 3,3 % au-dessus de la moyenne des cinq dernières années.
Côté production, la collecte laitière européenne a augmenté de 0,4 % du début de l’année à octobre. Sur ce seul mois, la collecte s’est accrue de 0,3 %, tirée par une forte croissance aux Pays-Bas, en France et en Espagne. À l’inverse, la production a diminué en Irlande et en Allemagne.
Au niveau mondial, la production laitière est stable depuis plus de neuf mois. La production cumulée des principaux exportateurs que sont l’Union européenne, les États-Unis, Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Argentine et l’Uruguay a même légèrement diminué depuis janvier (- 0,2 %).
Des baisses particulièrement notables sont observées en Amérique du Sud et en Océanie. En Nouvelle-Zélande, la production de lait a légèrement baissé cette campagne mais comparativement à une année précédente très productive. En Australie, la collecte continue de chuter à cause d’importants épisodes de sécheresse. En Argentine, après de faibles niveaux au premier semestre, la production a redémarré. En Uruguay, des signes de reprise se manifestent également.
Aux États-Unis, la croissance de la production laitière est minimale. Le cheptel s’y réduit, proportionnellement à l’augmentation des rendements. Aussi, sur l’ensemble de l’année 2019, la Commission européenne anticipe une augmentation très modeste de la production laitière au niveau mondiale et, pour l’année prochaine, une stabilité voire une légère hausse.
Quelques incertitudes
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Malgré ces perspectives positives, certaines incertitudes planent sur les marchés laitiers. Tout d’abord, les incertitudes externes : le ralentissement de la croissance économique mondiale, les conflits commerciaux ou encore la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
Sur le marché communautaire, le niveau des stocks, une donnée cruciale dans l’équilibre des marchés laitiers, est relativement haut pour le beurre et le fromage. Ceux des fromages sont élevés mais, pour le moment, « à des niveaux jugés non préoccupants par l’industrie ». Les possibles hausses de droits de douane américains sur les fromages pourraient toutefois être « préoccupantes en ce qui concerne l’évolution des stocks de fromages », alerte le rapport. En beurre, « les stocks de beurre étaient élevés en septembre, mais devraient revenir à des niveaux normaux d’ici la fin de l’année », estime la Commission.
Le beurre reste toujours un sujet d’attention important pour le secteur. Les cours continuent de retrouver le chemin de la raison. Les prix européens se sont stabilisés au cours des derniers mois, 6,5 % au-dessous de la moyenne des cinq dernières années. Et si les performances à l’export sont bonnes (les exportations européennes de beurre ont progressé de 27,1 % cette année), les experts européens relèvent que « le marché du beurre reste imprévisible ».
Le prix du lait s’apprécie
La production laitière mondiale est stable depuis plus de neuf mois
L’Europe laitière de 2030 restera le premier fournisseur mondial de produits laitiers
Dans ces dernières perspectives de long terme pour l’agriculture européenne, la Commission européenne anticipe une croissance modérée de la production d’ici 2 030 du fait d’exigences toujours plus accrues en termes de durabilité. Malgré tout, « l’UE devrait rester le premier fournisseur mondial de produits laitiers ». Le secteur adaptera probablement ses pratiques agricoles pour augmenter les rendements tout en réduisant le troupeau, permettant une réduction des émissions, prévoit la Commission. Côté fabrication, une part importante de la croissance de la production laitière de l’UE ira à la transformation du fromage en raison de la demande mondiale soutenue et de l’augmentation de l’utilisation industrielle nationale. La consommation de lait de consommation dans l’UE devrait diminuer à moyen terme, tandis que la demande de beurre de l’UE pourrait continuer d’augmenter.