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Fruits et légumes Les marges de compétitivité résident surtout dans la qualité

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Un colloque organisé par l’Inra le 14 octobre à l’occasion du Miffel d’Avignon (Salon méditerranéen des fruits et légumes) a montré que les marges de compétitivité des fruits et légumes résident surtout dans la qualité, notamment organoleptique des produits, plus que dans une hypothétique baisse des coûts de production.

Les marges d’innovations qui permettent d’améliorer la compétitivité des fruits et légumes se trouvent essentiellement dans le perfectionnement gustatif, premier facteur d’attractivité des fruits et légumes. C’est le sens des messages délivrés par les intervenants, notamment chercheurs, au « Carrefour de l’innovation » organisé par l’Inra à l’occasion du Miffel le 14 octobre à Avignon.

Les fruits et légumes ont une image enviée par les industriels
Les arômes, la saveur, la fraîcheur et la texture des fruits et légumes sont des qualités uniques, à tel point que cette image positive est utilisée dans tous les secteurs alimentaires. « Les principaux secteurs agroalimentaires utilisent des fruits et légumes et leur image », a expliqué Gilles Fayard, directeur du Pôle européen d’innovation des fruits et légumes (PEIFL), basé à Avignon. Cette inspiration des services de recherche et développement des entreprises alimentaires, à partir des qualités de « naturalité » des fruits et légumes, est une tendance en hausse : la progression des nouveaux produits utilisant des fruits et légumes lancés en 2009 est de 18% par rapport à 2008, a-t-il cité. Les fruits et légumes ont représenté 36% des lancements de nouveaux produits alimentaires en Europe de l’Ouest, et « la progression est forte en Amérique du Nord et en Europe de l’Est ».
Gilles Fayard a expliqué que « la qualité d’un produit alimentaire est un levier essentiel de l’acte d’achat et de l’acte de ré-achat par le consommateur ».
« Dans un environnement compétitif mondial, il nous apparaît que la compétitivité de la filière fruits et légumes française doit en priorité se bâtir sur la qualité organoleptique, environnementale et nutritionnelle », a-t-il résumé.

Les limites de la baisse des coûts de production
L’innovation doit certes aussi porter sur les gains de compétitivité. À ce propos, les axes de travaux de recherche prometteurs sont la mécanisation de la récolte, le rendement des cultures par une maîtrise des paramètres des nouvelles pratiques culturales et des stress environnementaux et la sélection de variétés à forte productivité (en respectant les autres critères de qualité), a-t-il ajouté.
Mais les marges de compétitivité par la baisse des prix ont des limites vite atteintes. « Les coûts de production (ramenés au kilo vendu) pour la conduite des cultures ne peuvent guère être réduits par simplification des itinéraires techniques, si l’on considère le niveau croissant des nouvelles contraintes agro-environnementales à prendre en compte », a indiqué Benoît Jannequin, chercheur à l’Inra. Une possibilité d’autant plus limitée que le coût du travail représente en moyenne 25% à 40% des coûts de production, a-t-il conclu.

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