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Volaille/Résultats Les marges de LDC sous pression

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Si l’activité traiteur à marque se redresse, ce n’est que sur le prochain exercice que LDC s’attend à renouer avec les bénéfices pour l’ensemble du pôle. La volaille, qui représente toujours une partie majoritaire des activités du groupe, voit sa rentabilité soumise à une forte pression avec des matières premières chères et des revalorisations partielles et tardives. LDC, qui veut repasser le cap des 3 % de marge opérationnelle courante, regarde par ailleurs toujours au-delà des frontières pour ses développements futurs.

Si LDC se rapproche du cap des 3 Mds EUR de chiffre d’affaires sur 2012/2013, à 2,9 Mds (+ 5,4 %), les marges, elles sont sous pression. Pour la première fois, la marge opérationnelle courante passe sous le seuil de 3 %, à 2,9 % (contre 3,4 % sur l’exercice précédent). En cause, des matières premières au prix durablement élevé et des revalorisations insuffisantes et ou trop tardives. Si le résultat net augmente, grâce notamment à l’intégration fiscale de Marie (60,5 contre 56,4 M EUR sur l’exercice précédent), un des objectifs prioritaires de Denis Lambert, p.-d.g. du groupe sarthois, est bien de repasser au dessus des 3 % de marge opérationnelle courante, notamment grâce à une amélioration du mix produit. Au final, le repli est tout de même limité, avec une dégradation du résultat opérationnel courant de 8 %, contre une fourchette prévue de 10 – 15 %.

Marie dans le vert, mais le traiteur reste dans le rouge

Cette dégradation des marges recouvre des réalités diverses selon les métiers du groupe. La volaille souffre (résultat opérationnel en baisse d’environ 15 % pour la volaille, tant en France qu’en Pologne), la rentabilité de l’amont se redresse grâce aux meilleurs résultats de œufs, et les pertes du traiteur diminuent de – 5,6 M EUR à – 1,2 M EUR. À noter, Marie renoue avec les bénéfices avec 2,8 M EUR de résultat opérationnel courant (-0,6 M EUR l’an passé), malgré l’augmentation du budget communication de 1 à 2 M EUR entre les deux exercices. Le traiteur historique reste en revanche dans le rouge avec un déficit de 4 M EUR (contre – 5 M EUR en 2011). « Nous avons toujours des problèmes sur les sandwiches et pizzas », a commenté Denis Lambert.

Matières premières : la grande inconnue

En termes de perspective, LDC est confiant sur le redressement de Marie, dont le progression s’est faite à plus de 80 % sur le fond de rayon. « Notre objectif, c’est de devenir leader sur le traiteur », explique Denis Lambert. Sur les pâtes à dérouler, les investissements réalisés à Viriat ont permis de doubler la productivité et une progression de 50 % est encore possible. Le groupe, qui profite d’opportunités créées par la naissance de Céréalia (rapprochement d’APM et Eurodough), va lancer la marque Marie sur les produits à base de margarine, qui représentent le gros du marché (des pâtes à base de margarine sont déjà produites sous MDD). Sur la dinde enfin, « nous avons fait les restructurations. Cela reste difficile, ça dépend de beaucoup de choses», indique Denis Lambert, sans plus de précisions.
Sur le traiteur dans sa globalité, avec l’arrêt de marchés non contributifs, « nous avons retrouvé le chiffre d’affaires d’il y a trois ans avec 7 % de volumes en moins », se félicite Denis Lambert, qui vise un résultat opérationnel de 4 M EUR pour le pôle sur 2012/2013. Pour la volaille, que ce soit en France ou en Pologne, le prix des matières premières sera déterminant. La volaille se porte bien, avec des volumes en hausse. Sur le second semestre, les volumes France ont progressé de 19 000 t, dont 5 800 t liées à la reprise de Sérent et Laval à Doux. « L’effet Doux est difficile à chiffrer, explique Denis Lambert. Certains distributeurs avaient anticipé. » Mais il a très clairement dopé les performances de LDC, notamment sur l’entier et les découpes, segment où Père Dodu est présent.

L’ambition d’une croissance externe à l’international

À l’international, la Pologne confirme son potentiel et la répartition des activités s’est déroulée comme prévu avec Alimentacion Natural (participation de LDC de 65 % dans les produits élaborés et de 35 % dans AN). Si aucune autre opération n’a été scellée, LDC reste clairement à l’affût d’opportunités. « Mais nous sommes très sélectifs. Nous avons des propositions mais il y a beaucoup de pièges », déclare Denis Lambert. En attendant, le groupe continue à investir en France, avec près de 100 M EUR prévus sur l’exercice en cours, après une enveloppe équivalente sur 2012/2013.

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